Malgré l'apparition de médicaments qui ont allongé la durée de vie des malades, le sida continue de tuer, et l'épidémie de progresser. L'Europe n'est pas épargnée : la propagation du sida s'accélère, en particulier dans les nouveaux pays membres de l'UE et les pays voisins, a-t-on appris mardi à Bruxelles.
Les députés européens, dans un projet de rapport sur l'épidémie du sida, qui devrait être adopté au mois d'avril, soulignent l'inégalité des pays européens devant cette maladie. Selon les députés européens, il faut cibler la prévention sur les groupes à risques, et accentuer la lutte en Europe centrale et de l'Est.
"Les pays d'Europe de l'Est doivent faire face à de nouveaux taux élevés d'infection par le VIH", souligne le rapporteur, le député européen Georgs Andrejevs (Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe). D'autant que dans certains pays, le nombre estimé de personnes infectées par le VIH est presque trois fois plus élevé que les chiffres officiels.
Ainsi, selon le Centre européen pour la Surveillance Epidémiologique du Sida (EuroHIV), la plupart des nouveaux cas de VIH en 2005 ont été déclarés dans des pays d'Europe de l'Est, comme la Russie ou l'Ukraine (186 cas par million d'habitants) : " ce taux représente plus de deux fois le taux observé en Europe de l'Ouest (82 par million) et vingt fois celui d'Europe centrale (9, 4 par million)".
Les députés européens appellent donc "à l'utilisation de tous les instruments disponibles, tels que la Politique de voisinage, la Dimension nordique, pour toucher les groupes de population vulnérables dans les pays voisins", et à étudier "les possibilités de création de partenariats public-privé avec les pays voisins afin de promouvoir d'autres moyens de combattre le VIH/sida."