Dès le lancement de Chrome, mardi à 21 heures, sont nombreux qui ont téléchargé le navigateur de Google et partagé leurs impressions en direct. {sidebarid=2}
Verdict de la majorité : très efficace, mais pas forcément
révolutionnaire. Et, au-delà des qualités et défauts du nouvel outil,
la stratégie de Google a provoqué un vif débat.
Les testeurs s’accordent sur un point : la rapidité du nouveau
navigateur. Ils apprécient aussi sa simplicité, qui leur rappelle
souvent celle de Firefox. Commentaire de Deamon7après une première
utilisation :
« Minimaliste au possible, du Google jusqu’ici, et les fonctionnalités
habituelles des navigateurs, piquées à droite à gauche. En tout cas, je
suis impressionné par la rapidité et la légèreté, même pas eu le temps
de me rendre compte que le téléchargement et l’installation étaient
terminés. Vraiment pas mal jusqu’ici, et surtout impressionnant de
rapidité. »
D’autres sont séduits, mais déroutés. Commentaire à chaud d’Avril :
« Il a importé tous mes favoris de Firefox, alors je me lâche. Pas de
séparateurs dans les favoris, arrgh ! C’est un peu déroutant parce que
le navigateur s’efface (quasi) complètement. Pas de barre de menu, pas
de barre de tâches, pas de moteur de recherche !
« Enfin si : créer un nouvel onglet en un clic et le voilà. Bon, ça
manque de trucs. Moi j’utilise pas mal d’autres moteurs comme des dicos
ou des librairies. Ca a l’air méga-rapide. Les onglets sortent et se
replacent comme un rien. »
Ces qualités pousseront-elles pour autant les lecteurs de Rue89 à
abandonner leur navigateur actuel ? Certains semblent prêts à adopter
Chrome, comme yf15 :
« En ce qui me concerne, je suis assez pragmatique et n’utilise que ce
qui fonctionne et me convient. Et Chrome semble enfin apporter la
légèreté et la rapidité tant attendue, qu’internet Explorer et Firefox
peinent à atteindre (regardez vos consommations mémoire …). »
En revanche, pour caro, pas question de changer :
« J’utilise Firefox dernière version, je fais donc partie des 45% de
riverains utilisateurs de ce navigateur, j’en suis très contente, je ne
changerai pas, malgré l’appel des sirènes chrome-à-tiques.
« C’est aussi une question d’é-thique contre le pompeur Google. Non
seulement Chrome a pompé beaucoup d’idées de Firefox, mais aussi Google
a la mauvaise habitude de pomper beaucoup de données personnelles. »
La stratégie et l’omniprésence de Google sont en effet au centre du
débat. Certains préfèrent en sourire, comme Sigfried : « Bientôt,
Google, il me servira le café au lit. » Mais la méfiance règne. Au fil
des commentaires, Google s’est même vu rebaptiser « G$ », comme
Microsoft est souvent abrégé en « M$ » par ses contempteurs.
Analyse de Geekien :
« Le modèle de G$ se base sur la libre soumission des utilisateurs à
leurs outils, sur l’énorme exposition de ceux-ci et sur la « libre »
(sous-entendu commerciale) exploitation des traces que nous laissons.
Ils ne travaillent plus sur le court terme depuis longtemps, mais sur
le long terme.
« Leur modèle est celui de la dépendance librement consentie, avant
peut-être une autre étape, mais qui ne sera pas du fait des créateurs. »
En proposant un navigateur « open source », Google s’imposerait de
lui-même un garde-fou, estiment d’autres riverains. C’est notamment
l’avis de Strelok :
« Tout le monde peut regarder comment il est fait, et Google ne pourra
jamais lui faire faire des choses sans que tout le monde soit au
courant. Et même s’ils le veulent, il suffira de reprendre le code, de
retirer la partie gênante, et de sortir un « fork » (une version
modifiée du navigateur)… De la même manière que Firefox d’ailleurs,
mais pas Internet Explorer, qui lui est une bonne vieille boîte fermée
qui fait ce qu’elle veut sans qu’on puisse regarder dedans. »
Internet Explorer, justement, est la cible de nombreux commentaires. Et
pour beaucoup de riverains, si Chrome ne devait avoir qu’une qualité,
ce serait celle de relancer la concurrence sur le marché des
navigateurs, au détriment de Microsoft. Analyse biologique d’argiope :
« Et si, plutôt qu’en termes de concurrence, on voyait cet avènement
comme un enrichissement de la « diversité génétique » ? En tout cas,
pour les systèmes d’exploitation, il est fondamentalement bon qu’il y
en ait plusieurs.
« C’est exactement comme pour l’agriculture : la monoculture favorise
le développement des parasites et des maladies, une alternance de
diverses cultures les freine. Haro sur la monoculture Microsoft, mais
surtout ne la remplaçons pas par une autre. Vive la diversité. Mais
open source SVP. »
Le débat sur Chrome ne fait que commencer (les utilisateurs de Mac et
de Linux en étant pour l’instant exclus). Difficile en tout cas de
mesurer le succès du lancement, Google France n’ayant pas souhaité nous
dévoiler le nombre de téléchargements. Nous devons donc nous contenter
de nos propres statistiques : mercredi soir à minuit, nous avions
enregistré 773 visites sous Chrome.