En 2020, le nombre de cas au Maroc oscillera entre 50.000 et 60.000
A
l'occasion de la célébration de la Journée mondiale de la maladie
d'Alzheimer, commémorée le 21 septembre de chaque année, un bilan
concernant la situation des patients au Maroc a été présenté récemment
à Casablanca.
Reconnu comme une maladie incurable du cerveau, l'Alzheimer se
caractérise par une mort progressive des cellules nerveuses: au fur et
à mesure que cette maladie affecte une région du cerveau, elle entraîne
la perte de nouvelles fonctions.
Concrètement,
les lésions débutent dans les zones de cerveau qui sont impliquées dans
la mémoire, puis s'étendent progressivement aux zones qui interviennent
dans le langage, la gestuelle et le raisonnement. Touchant les sujets
âgés de plus de 65 ans, l'Alzheimer fait partie des démences les plus
fréquentes.
Elle en constitue 50 à 70 %. Les causes spécifiques
de cette maladie demeurent inconnues, quoiqu'il existe deux facteurs de
risque associés à la maladie: l'âge et les antécédents familiaux. Un
autre facteur s'ajoute souvent aux précédents risques. Il s'agit des
problèmes vasculaires. En effet, il a été démontré qu'une hypertension
artérielle, un diabète, une hypercholestérolémie, l'obésité et le
tabagisme constituent un réel risque de développer la maladie
d'Alzheimer.
Concernant le traitement, il n'existe aucun
médicament curatif de cette maladie mystérieuse. Néanmoins, certains
traitements peuvent ralentir son évolution. Il s'agit des médicaments
utilisés spécialement dans les cas de la maladie d'Alzheimer. Ceci dit,
ces médicaments sont très coûteux (environ 1.000 dirhams par mois) mais
sont pris en charge par l'assurance maladie obligatoire (AMO).
Par ailleurs, les démences au Maroc (notamment l'Alzheimer) restent largement méconnues du grand public.
Elles constituent un problème non seulement médical, mais aussi social.
En effet, dépassant son cadre purement sanitaire, cette l'alzheimer est
en train de devenir un fléau social qui affecte non seulement le
patient, mais également les personnes qui en prennent soin. Cette
situation tourne souvent à la tragédie dans le contexte social
marocain. Considéré comme une fatalité subie par les personnes âgées,
l'Alzheimer est négligé.
«Cette maladie doit être diagnostiquée
le plus tôt possible afin de faire profiter les patients des nouveaux
médicaments qui permettent de la stabiliser. Par ailleurs, un
diagnostic précoce permet d'éviter des complications qui peuvent être
dramatiques» annonce le Dr Faris El Alaoui, chef du service de
neurologie A et neuropsychologie au CHU Avicenne à Rabat.
Et
de poursuivre : «il devient urgent de développer un programme intégré
de prise en charge des patients. Il devrait comporter une formation du
personnel soignant, la création d'un centre des la mémoire pour le
diagnostic précoce de la maladie et une méthode de réflexion sur le
type de prise en charge médicale et socio familiale adapté au contexte
sociocultuel de notre pays». D'ici 2020, le Maroc abritera près de
60.000 personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, selon des
estimations basées sur la situation démographique et l'espérance de
vie.
En effet, dans notre Royaume, où la population âgée de
plus de 65 ans est estimée à 4% de la population générale, la
prévalence des démences dans cette tranche d'âge est évaluée à 5%.
Finalement,
il faut savoir que la prévention des différentes démences passe avant
tout par le dépistage et la prise en charge correcte des facteurs de
risque vasculaires (hypertension artérielle, diabète etc…).
Recommandations :
Il
est important que la personne atteinte de la maladie d'Alzheimer
continue à avoir des activités pour améliorer sa qualité de vie, par
exemple des tâches ménagères, des loisirs, des rencontres avec la
famille…
Il ne faut surtout pas oublier que les personnes
atteintes ont besoin d'être valorisés, ont besoin de compagnie et de
poursuivre aussi longtemps que possible une vie active et autonome.
Par
ailleurs, et afin de vivre avec la maladie, il est important pour le
patient de s'informer sur l'Alzheimer et son évolution, de l'expliquer
à son entourage, de demander de l'aide autour de soi et de planifier
l'avenir.
Du côté de la famille du patient, elle doit beaucoup
apprendre sur la maladie d'Alzheimer et faire suivre régulièrement le
patient par un médecin, afin d'adapter les traitements et de contrôler
son état de santé générale.