Youtube semble zoomer ces jours-ci sur Khemisset. Deux vidéos montrant des scènes sexuelles de filles
issues de cette petite ville provoquent des scandales. La justice s’en saisit, les habitants aussi.
YOUTUBE fait encore parler de lui au Maroc, en
particulier à Khemisset. Dans cette petite ville située à 70 km de
Rabat, on ne parle ces jours-ci que des vidéos pornographiques aux
couleurs locales lancées dernièrement sur ce site. On voit dans l’une
de ces vidéos, deux jeunes filles, à moitié nues, s’embrasser avec
ardeur (bouche à bouche) en échangeant des caresses au niveau des
parties intimes du corps. La scène se déroule à l’intérieur d’une
voiture. Elle s’achève sur la vue de l’une des deux filles vidant
goulûment une bouteille de bière.
Parce qu’on pouvait bien voir leur visage, les deux
filles ont été très vite repérées et interpellées par la police. Elles
ont aussitôt reconnu s’être laissées filmées, de leur propre gré, par
un ami, propriétaire du véhicule où la vidéo a été tournée. Ce dernier
serait toujours en fuite et serait activement recherché. Dans la même
affaire dont s’est saisie la justice, deux autres filles qui seraient
des concubines présumées du fuyard, ont été également appréhendées.
Par ailleurs, c’est une autre affaire, autrement plus
compliquée, qui a été déclenchée, toujours à Khemisset. Là encore, tout
a commencé lorsqu’une vidéo a été mise en ligne tout récemment sur
Youtube. Là aussi, deux filles sont au cœur du scandale. Dans leur
vidéo qui a été supprimée entre temps (contrairement à la première qui
est toujours en ligne), on pouvait les voir, selon certains
témoignages, en train de s’adonner à un striptease en bonne et due
forme devant une voiture 4x4 à Dayet Roumi, à 15 km de Khemisset.
Dans cette affaire portée elle aussi devant la justice,
les deux filles se disent avoir été droguées pour être amenées à ne
plus maîtriser leurs actes. Elles auraient été filmées ensuite à leur
insu. L’homme qu’ils mettent en cause est toujours en fuite. Il aurait
utilisé les « images volées », avant que celles-ci ne soient mises en
ligne sur Youtube comme moyen de pression pour forcer ses deux victimes
à se prostituer pour son compte. Le présumé coupable était photographe
avant de devenir agent immobilier. Mais, ce ne serait-là que des
activités écran. Appelée à la barre, sa secrétaire révélera qu’elle est
elle-même victime de son patron qui l’a violée. L’homme déclaré
aujourd’hui « wanted », ne serait d’après elle qu’un entremetteur dont
les principaux clients viennent de Rabat.
Voilà qui donne une autre tournure à une affaire qui ne
semblait être à la base qu’un banal acte d’exhibitionnisme comme on
commence à en voir par milliers sur Youtube. Il revient à la justice de
démêler l’écheveau.
En tout cas, Youtube déjà rendu célèbre au niveau
national par le fameux « sniper » de Targuist (ce jeune homme qui
filmait des gendarmes en flagrant délit de corruption) commence à
entrer dans les mœurs au Maroc. Il devient le miroir grossissant de ce
qui peut se passer dans certains « jardins secrets ». Certains s’en
félicitent. De leur point de vue, un scandale révélé sur Youtube ne
peut éclabousser que ceux et celles qui l’auront cherché. D’autres
estiment que l’on peut voir sur ce site un peu de tout. Des filles qui
s’exhibent délibérément devant une caméra, mais aussi de nombreuses
filles que des voyeurs s’amusent à prendre en photo à leur insu,
notamment sur une plage ou à la piscine, pour les présenter sur
différents sites de vidéos comme des prostituées... D’où leur appel à
ne pas croire tout ce qu’on voit sur Youtube.