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Voulant devenir l’homme lige du Polisario : Javier Bardem tombe dans les filets de la propagande

Javier Bardem est connu pour être le premier acteur espagnol à avoir décroché un Oscar. Une réputation mondiale certaine. Personne ne peut contester ses prestations. Ses films resteront gravés dans l’histoire du 7ème art, notamment le James Bond «Skyfall», «No country for old men», «Beautiful», «Vicky Cristina Barcelona»… Il faut même dire que beaucoup de jeunes marocains aiment l’acteur. Mais depuis quelque temps, son nom est mêlé au Maroc sur la question du Sahara. Il a choisi de porter haut la thèse du Polisario. Plusieurs bons acteurs commettent parfois des bourdes frisant l’absurde. Il ne sera ni le premier ni le dernier.
Le «speech» réservé il y a quelques jours à la chaîne américaine CNN, triomphant aux thèses du Polisario, laisse beaucoup méditer sur les compétences politiques de l’acteur. En dix jours, il a prétendu constituer une idée sur le conflit qui oppose le Maroc au Polisario, il y a plus de trente ans ! Pour lui, le Maroc n’est qu’un occupant des deux tiers des territoires du Sahara. On comprend sa réaction. La condition sociale et humaine aux camps est vraiment lamentable. Pauvreté, maladies, insalubrité… ce constat ne peut faire l’objet d’aucun désaccord. Mais de là à imputer tout cela au Maroc, il y a beaucoup de matière à réflexion. D’abord la visite de Bardem aux camps fut guidée. Un euphémisme pour éviter de dire orientée. Ses contacts et rencontres ont été préparés et les familles visitées bien choisies… Bref, Javier  Bardem est tombé dans le piège de la propagande.
Et si on entrait en débat avec les idées exprimées par Javier sur CNN? A l’en croire, le Maroc violerait les droits des Sahraouis. Mais, il suffit dans ce cas de lire les rapports des associations marocaines de défense des droits humains pour s’apercevoir que cette situation est dénoncée à Rabat, devant les médias et au grand jour.
Des arrestations abusives ont lieu à Laâyoune certes, mais aussi à Oujda, Casablanca, Tanger et Rabat. Et loin de toute «real politik» nous pouvons dire que le Maroc a réalisé une avancée reconnue sur le plan international. Ceci n’est pas suffisant, il faut l’admettre.
Mais M. Bardem, ne voyez-vous pas que les séquestrés des camps, situés en Algérie n’ont pas le droit à la liberté d’expression, en interdisant à une autre voix de s’y faire entendre? Même ceux et celles qui n’adhèrent pas à la thèse marocaine n’ont pas le droit de discuter les décisions prises par le Polisario. Et en matière de droits humains, il y a lieu de rappeler que les Nations unies adoptent près de soixante cas de disparitions forcées dans les camps. Qui en est responsable? Quel est leur sort ? Bref, est-ce qu’on vous a fait visiter le goulag d’Arrachid? Demandez à Abdelaziz d’y faire un tour à la prochaine visite de l’acteur. Et si vous avez le temps, passez jusqu’à Rabouni, ce sera une manière de se faire une idée globale.
Qui est responsable de la situation qui frise la famine dans les camps? Qui pratique le détournement des denrées alimentaires offertes par la communauté internationale? Nous ne vous conseillons guère de passer par le Nord de la Mauritanie (ville de Zouwyirat) ni d’ailleurs par les villes maliennes, dont la capitale même Bamako. Vos compatriotes ont dû y laisser leur vie à cause du terrorisme. Essayez d’avoir une idée plus claire sur les parties qui sèment la terreur dans cette région désertique. Les services de renseignements espagnols vous donneront plus de détails. Mais vos ONG crédibles vous informeront sur la présence de ces produits alimentaires dans ces endroits! Alors sans détour, qui affame les Sahraouis? Qui interdit à Mustapha Mouloud, ex-patron de la police dans les camps, de voir ses enfants, toujours à Tindouf?
On comprend que l’acteur que vous êtes ne peut suivre une affaire dans ses dimensions historique, géopolitique et stratégique… On comprend vos sentiments de sympathie envers des Sahraouis laissés pour compte… Mais on vous demande de bien connaître les tenants et aboutissants du dossier.

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