L'émission «Moubacharatan maâkoum», qui devait traiter des événements sensibles de Sidi Ifhi a été «déprogrammée»,
selon un communiqué de la deuxième chaîne. En réalité, l'émission passe à la trappe.
«Le talk-show est bel est bien annulé. C'est la fin de la saison et la
prochaine émission qui aura lieu le 23 juillet est déjà en
préparation», tranche, catégorique, une source à l'intérieur de 2M et
qui requiert l'anonymat.
Que s'est-il passé ? Officiellement, c'est pour ne pas interférer avec
le travail de la Commission parlementaire d'enquête. Dans les
coulisses, ce serait le pacha de Sidi Ifhi, invité par Jamaâ Goulehcen,
qui pose problème, mais pas seulement. L'argument est juridique, mais
les véritables raisons seraient d'ordre politique.
Craignant que son rapport passe inaperçu, «la Commission a pris en
otage l'émission et a fait pression avec le renfort du gouvernement
pour l'annuler», se désole notre source à 2M. Le présentateur de
l'émission avait invité la présidente de l'OMDH, Amina Bouayach, pour
présenter le rapport de son ONG. Lequel rapport montre du doigt les
exactions policières, notamment «les intrusions à domicile, le
matraquage des citoyens et les atteintes à l'honneur ayant un caractère
sexuel», précise Amina Bouayach.
En même temps que le courrier adressé à 2M, la Commission d'enquête a
également saisi le ministère de l'Intérieur et le ministère de la
Communication pour appuyer sa demande. «Khalid Naciri nous a
personnellement contactés pour nous demander de différer l'émission.
Mais nous avons bien compris qu 'il s'agissait d'une annulation»,
raconte dépitée notre source à la deuxième chaîne. «La Commission
d'enquête et le gouvernement se sont inquiétés qu'une chaîne du service
public invite un représentant du ministère de l'Intérieur. Bien que ce
dernier se soit montré très coopératif), assure notre source. Autre
raison invoquée : «La majorité gouvernementale n'a pas apprécié que les
députés du PJD se soient rendus à Sidi Ifhi avant la création de la
commission», poursuit notre source. Contacté à ce propos, le membre du
SG du PJD, Lahcen Daoudi, a écarté qu'il y ait pression sur les deux
députés PJD membres de la Commission.