l'UE empêche d’assurer des liaisons avec les compagnies marocaines
CourrierCasablanca.com | 11-06-2008
Depuis l’entrée en vigueur de l’open sky entre le Maroc et l’Union européenne à la fin 2005,
un choix délibéré pris par le gouvernement marocain pour accompagner la
Vision 2010 dans le secteur du tourisme, le trafic aérien vers le Maroc
s’est incontestablement intensifié. En témoignent les statistiques de
l’Office national des aéroports (ONDA). Alors qu’en 2003, 29 compagnies
régulières seulement desservaient le Maroc, soit 120 lignes à raison de
496 fréquences hebdomadaires, le nombre de compagnies est passé à 57 en
2006 pour atteindre 68 en 2007, exploitant 250 lignes régulières pour
1028 fréquences hebdomadaires.
D’autres lignes ont été ouvertes en 2008 dont les plus récentes sont
celles de la compagnie Ryanair entre Marseille, Nador, Oujda, Tanger et
Agadir. Rien qu’en 2007, ce sont quelque 161 fréquences qui ont été
ajoutées avec l’arrivée de 11 compagnies nouvelles, pour la plupart
originaires des pays de l’Union européenne, mais aussi d’Europe de
l’Est et du Nord.
Des taxes d’atterrissage de 50 euros par passager à Londres, contre
un euro au Maroc ! Mais si le Maroc accueille à bras ouverts toutes les
compagnies qui souhaitent le desservir, ce n’est pas exactement le cas
dans le sens inverse. En effet, si l’accord d’open sky est, grosso
modo, appliqué, il est une clause qui semble avoir beaucoup de mal à se
concrétiser.
Il s’agit de la clause dite de « la 5e liberté » selon laquelle
« toute compagnie marocaine pourra desservir toute route aérienne entre
deux pays de l’Union européenne ». Selon ce principe, la RAM, par
exemple, doit pouvoir faire un Casablanca-Paris via Madrid avec la
possibilité de débarquer et d’embarquer des passagers et des
marchandises dans ce dernier aéroport.
Selon un responsable au ministère du transport, rien ne s’oppose
officiellement à l’application de cette clause, mais elle est soumise à
une demande préalable et à l’octroi d’autorisations de la part des
autorités aéroportuaires qui invoquent souvent le manque de créneaux
horaires (les fameux slots) ou d’autres prétextes techniques pour
retarder l’échéance.
En fait, avec l’exacerbation de la concurrence entre les compagnies
aériennes, beaucoup de pays ont recours à des mesures de protection
pour décourager l’arrivée de nouvelles compagnies.
L’augmentation récente par l’aéroport de Londres des droits
d’atterrissage illustre parfaitement cette situation. Avec la baisse
générale des tarifs des compagnies aériennes et la multiplication des
compagnies low cost, les autorités de l’aéroport de Londres ont décidé
de taxer au prix fort les compagnies qui viennent de pays hors Union
Européenne.
Actuellement, les taxes sur cet aéroport dépassent les 50 euros par
passager, soit l’équivalent du prix du billet entre Casablanca et Paris
avec une compagnie low cost ! Notons, à titre de comparaison, que les
taxes dans les aéroports marocains atteignent à peine un euro par
passager.
En attendant, l eMaroc, lui, respecte à la lettre ses engagements
vis-à-vis des compagnies étrangères le principe de « non
discrimination » en matière de taxes aéroportuaires. Mieux, l’ONDA,
pour encourager la création de nouvelles routes, accorde, depuis 2007,
un certain nombre de réductions aux compagnies étrangères qui décident
de venir auMaroc.
Ainsi, toute fréquence additionnelle sur une ligne existante ouvre
droit pour la compagnie aérienne à une réduction de 50% sur la
redevance passager. Et quand il s’agit de l’ouverture d’une nouvelle
ligne, la compagnie bénéficie d’une réduction de 50% à la fois sur la
redevance passager et sur la redevance dite d’approche et
d’atterrissage. Sur certains aéroports, comme celui de Rabat, ces
réductions vont jusqu’à 100% comme c’est le cas pour l’aéroport de
Rabat-Salé quand il s’agit de liaisons avec les pays de l’Union
européenne.
D’autres mesures sont en cours de préparation et vont être annoncées
lors des VIIIes Assises du tourisme qui vont avoir lieu le 14 juin
courant à Tétouan. Il s’agit, selon le directeur général de l’ONDA,
Abdelhanin Benalou, de « mesures incitatives en faveur des compagnies
charters, destinées notamment à encourager les vols sur certaines
destinations touristiques ».
Ainsi, une réduction de 50% sera accordée sur les redevances
passager et d’atterrissage aux compagnies charters pour développer des
niches de tourisme sur la destination Agadir, notamment à partir des
pays d’Europe de l’Est, nous apprend le DG de l’ONDA.
Des mesures similaires sont annoncées pour l’aéroport de Marrakech
dans le but de décongestionner le trafic qui reste concentré entre 6
heures du matin et 20 heures. L’ONDA va, dans cette optique, annoncer
des réductions en vue d’étaler les pics de trafic pour les compagnies
qui décideraient d’atterrir entre minuit et 6 heures du matin.