La grève des transporteurs perturbe l'activité économique au Maroc
CourrierCasablanca.com | 17-07-2008
Les salariés du secteur des transports au Maroc se sont à nouveau mis en grève mardi 3 avril, après l'échec d'un accord avec les autorités sur une réforme du Code de la Route très controversée.
Le mois dernier, les chauffeurs commerciaux de tout le pays s'étaient
mis en grève pour protester contre un projet de loi visant à imposer de
lourdes sanctions pour non respect des règlements de circulation. La
grève avait été provisoirement levée le 15 mars après que le Ministre
des Transports Karim Ghellab eut invité les grévistes à prendre part
aux négociations.Ce projet de loi permet au gouvernement de retirer les permis de
conduire, ainsi que la mise en fourrière des véhicules, et la prison
pour les conducteurs en cas d'accident. Le mouvement de grève auquel
ont appelé l'Union des Confédérations professionnelles du secteur du
transport et le Conseil Syndical des travailleurs du secteur du
transport routier et des voyageurs, perdure en dépit des multiples
rencontres que ces derniers ont tenues avec le ministre du Transport.
Confrontés
à la non disponibilité de taxis et de bus, les voyageurs dans les zones
urbaines et rurales paient des prix exorbitants pour bénéficier des
services de transports clandestins. Selon les responsables des
principaux ports de Casablanca et de Kenitra, le manque de camions
retarde la livraison des marchandises. Les prix des légumes, des fruits
et des denrées de base ont augmenté de manière régulière, et de
nombreux observateurs estiment que la situation pourrait empirer dans
les jours qui viennent.
Pour ce chauffeur de taxis gréviste que Magharebia a rencontré sur la
Route Ouled Ziane à Casablanca, ce n'est pas en augmentant la barre des
amendes qu'on pourra lutter contre les accidents de la route: "
Normalement, tous les automobilistes doivent participer à notre
mouvement de grève puisque le nouveau code leur porte atteinte
également", a-t-il déclaré.
El Bouzid Khallouf, la
cinquantaine, propriétaire d'un camion, estime qu'il est nécessaire de
revoir ce nouveau code avant son adoption. "Cette mesure de retrait de
permis est susceptible de favoriser encore plus la corruption. Pour
notre part, nous ne voulons pas à chaque fois soudoyer les agents de la
circulation ou les gendarmes pour circuler en paix." Yassine, chauffeur
de taxi à Casablanca, estime que le retrait des permis constitue une
réelle menace pour la profession. "Avec le salaire médiocre que nous
gagnons chaque mois, nous refusons d'être privés de temps à autre de
nos permis pour des fautes que nous ne commettons même pas parfois."
Le
Secrétaire Général de l'Association Nationale du Transport, M.Berrada
Abdelghani, souligne dans un communiqué que ce projet de loi nécessite
quelques modifications qui doivent prendre en compte les intérêts de
tous les intervenants dans le secteur.
Dans l'attente d'une
solution à ce conflit social, les syndicalistes se disent prêts a
continuer jusqu'à obtenir gain de cause. De leur point de vue, la lutte
contre les accidents de la circulation passe non pas par la répression
des conducteurs, mais par la moralisation du contrôle routier et par
l'amélioration des conditions sociales et salariales des intervenants
dans le secteur du transport.
Le Ministre des Transports Karim
Ghellab a insisté sur le fait qu'il n'avait pas l'intention de céder à
ce qu'il qualifie de chantage. Il a réaffirmé que son objectif est de
rendre les routes plus sûres en réduisant "l'hécatombe" que l'on
constate sur les grandes routes du Maroc.