Sarkozy à Abbas: la création de la Palestine "priorité" pour la France
CourrierCasablanca.com | 24-06-2008
AFP - Le président français Nicolas Sarkozy a assuré mardi au
dirigeant palestinien Mahmoud Abbas
que la création d'un Etat
palestinien était une "priorité" pour la France, en achevant une visite
de trois jours en Israël et en Cisjordanie.
M. Sarkozy s'en est aussi pris aux islamistes du Hamas, au pouvoir à
Gaza, affirmant que la France ne discutait pas avec les "terroristes".
"La
sécurité d'Israël est non négociable pour la France, mais la création
d'un Etat viable, démocratique, moderne pour les Palestiniens est une
priorité pour la France", a déclaré le président français à l'issue
d'un entretien avec M. Abbas à Bethléem en Cisjordanie.
"Je l'ai
dit à nos amis Israéliens, on ne résoudra pas l'injustice faite au
peuple juif en créant les conditions d'une injustice pour le peuple
palestinien", a-t-il ajouté.
Il a réitéré son appel, lancé en
Israël, au "gel de la colonisation, y compris à Jérusalem-est",
principal obstacle entravant les négociations de paix
israélo-palestiniennes censées aboutir avant la fin de l'année.
"La
France est l'amie du peuple palestinien et nous mettrons au service de
la création de votre Etat la même force et le même engagement mis au
service de la sécurité d'Israël", a ajouté M. Sarkozy. "Il n'y a pas
deux poids et deux mesures".
"Dans mon discours et le discours de
la France, il n'y a pas deux langages, un langage à la Knesset et un
langage différent ici. il n'y a qu'un seul langage. La France est aux
côtés de ceux qui veulent la paix", selon lui.
Rendant un hommage
appuyé à M. Abbas, "un homme de paix", il a exclu toute négociation
avec le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par l'Union
européenne.
"La France discute avec les hommes et les femmes courageux qui font de la politique et non pas du terrorisme. La France discute avec les hommes de paix et non pas les poseurs de bombes", a-t-il dit.
Le Hamas a dénoncé ces déclarations "biaisées", accusant M. Sarkozy de faire l'amalgame entre "résistance" et "terrorisme".
M.
Sarkozy a affirmé avoir constaté en faisant le déplacement à Bethléem
depuis Jérusalem certaines des réalités du conflit israélo-palestinien.
"Il
y a eu trop de douleurs ici, trop de malheurs, j'ai été très heureux,
avec Carla, les ministres et les personnalités de me rendre ici à
Bethléem et de voir ce que pouvaient représenter, les check-points, le
mur et toutes les incompréhensions d'un côté et de l'autre, il faut que
cela cesse", a-t-il dit.
M. Abbas a salué les efforts déployés
par M. Sarkozy "pour soutenir le processus de paix. Nous comptons sur
vous pour aider à la création d'un Etat palestinien libre, sans
colonisation et sans occupation".
Il a émis le voeu de voir l'UE,
que la France dirigera à partir du 1er juillet, "jouer un rôle
politique actif dans le processus de paix, outre son rôle économique".
MM. Sarkozy et Abbas ont aussi signé un accord sur la création, avec l'aide de la France, d'une zone industrielle à Bethléem.
Nicolas Sarkozy a ensuite visité, avec son épouse Carla Bruni-Sarkozy, la basilique de la Nativité.
La
cérémonie de départ dans l'après-midi à l'aéroport Ben Gourion de
Tel-Aviv a été brutalement interrompue par le suicide par balle d'un
soldat israélien, provocant une alerte sécuritaire.
Les époux
Sarkozy ont été évacués par leurs gardes du corps vers leur avion,
tandis que le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président
Shimon Peres étaient emmenés vers leurs voitures blindées.
Une fois l'alerte levée, MM. Olmert et Peres sont montés à bord de l'avion pour prendre congé de M. Sarkozy.
Lundi,
M. Sarkozy a rappelé devant le Parlement israélien qu'il était un "ami"
d'Israël, tout en affirmant que la sécurité de l'Etat hébreu "ne sera
véritablement assurée" sans un Etat palestinien à ses côtés.