Un sous-préfet français critique la politique israélienne et se fait limoger. Un député français insulte le peuple palestinien et personne ou presque ne réagit.
En début de semaine, un sous-préfet français a été limogé pour avoir publié sur
un site internet, dimanche 13 mars, une tribune dans laquelle il critiquait les
abus perpétrés par l’Etat israélien contre la population palestinienne. Raison
invoquée par sa hiérarchie : le manquement au devoir de réserve auquel est astreint
le fonctionnaire. Si la nouvelle a déclenché une foule de réactions dans la blogosphère,
on s’étonne que les médias classiques de l’Hexagone n’aient pas accordé plus
d’importance à l’information que s’il s’était agi d’un banal fait divers.
Peut-on encore critiquer Israël aujourd’hui ? Si la réponse semble évidente dans
le monde arabe, elle l’est moins dans les pays occidentaux et, de plus en plus,
cette réponse sera négative. Devant la multitude d’avis exprimés sur la question
on laissera au lecteur le choix de se faire sa propre opinion en détaillant les
faits et en posant une question.
Le 11 mars dernier, le député français Paul Goasguen déclarait publiquement :
«Comment vous dire la honte qui nous parcourt quelquefois, lorsque nous savons
qu’à Sdérot, où j’étais la semaine dernière, on subit, quotidiennement, les agressions
d’un peuple sauvage, de terroristes épouvantables !» Il parlait bien évidemment
des Palestiniens. Il est vrai que M. Goasguen n’est pas tenu par un devoir de
réserve, mais il est tout aussi vrai que là où le sous-préfet a critiqué une
politique d’Etat, le député, lui, a insulté tout un peuple, incitant à la haine
raciale. En théorie, il est passible de prison, d’une forte amende et d’une privation
de droits civiques pendant un an. En théorie seulement, car personne ou presque
n’a réagi.
Question. Si le sous-officier s’en était pris à l’Autorité palestinienne en dénonçant
les attentats anti-israéliens et si le député en visite en Palestine avait traité
les Israéliens de peuple sauvage, aurait-on eu les mêmes réactions ? Bien sûr
que non.
Enfin, quelques chiffres : depuis 1967, 650 000 Palestiniens, peuple privé de
sa terre, ont été emprisonnés ou torturés par l’occupant. Depuis la seconde Intifada
seulement, en septembre 2 000, 7 000 Palestinients ont été tués. Mais la victime...
ce sont toujours les Israéliens.