ouS'nscrire
FERMER
CLOSE
13 Août 2008
Mise à jour le 13 Août 2008, 19:42
PDF
Imprimer
Envoyer
 
Dans un communiqué, il a fait un mea culpa expliquant sa "sérieuse erreur".

Ancienne journaliste au Wall Street Journal et auteure d’un livre sur les codes culturels de l’infidélité (Lust in Translation: The Rules of Infidelity From Toyko to Tennessee), Pamela Druckerman nous explique pourquoi les aventures d’un homme politique américain peuvent faire l’objet de tant d’attention.

Est-ce que les Américains attendent plus d’un président en matière de fidélité ?

On attend des hommes politiques ce qu’on attend des autres citoyens. Le président français me semble avoir un peu plus un statut de quasi royauté. Mais les standards changent pour les présidents en même temps que pour les Américains. C’est pour ça que Kennedy a pu s’en tirer tranquille (de l’infidélité) mais pas Bill Clinton. Entre temps, on avait eu le mouvement de libération des femmes, des changements dans les lois sur le divorce, le développement des thérapies… Les femmes ont commencé à avoir des attentes pour leur mariage qu’elles n’avaient pas avant.

Et puis on a commencé à voir la façon dont les gens se comportent dans leur mariage comme un indicateur de leur personnalité. L’idée latente c’est que si vous pouvez trahir votre femme, vous pouvez trahir votre pays. Ce n’est pas une interprétation que l’on fait en France.

Dans une tribune, vous écrivez en plaisantant « aux Etats-Unis, on dit : ‘Le problème ce n’est pas l’aspect sexuel avec quelqu’un d’autre, c’est le mensonge qui va avec’ alors qu’en France, on dirait plutôt ‘le problème ce n’est pas le mensonge, c’est le sexe’ »

Oui, aux Etats-Unis, nous avons cet idéal de transparence totale dans le couple que je crois vous n’avez pas en France. Il y a l’idée en France qu’un peu de mystère est une bonne chose. En Amérique, on tend à penser que plus vous êtes ouverts entre vous en couple, mieux c’est, et qu’à chaque fois qu’il y a mensonge, cela diminue le mariage.

C’est aussi comme cela que l’on considère la relation entre le Président et le pays. S’il y a mensonge là-dessus, les gens se disent : « Mais de quels autres mensonges est-il capable ? »

Ceci dit, les Américains sont aussi de plus en plus tolérants sur le sujet. McCain a déjà admis qu’il avait trompé sa première femme. Les Américains ont été épuisés par l’affaire Clinton, mais au moment de son procès en destitution, sa cote de popularité n’avait jamais été aussi haute ! C’est quelque chose dont on peut se remettre en politique.

Il faut garder à l’esprit que ces scandales sexuels fonctionnent comme des tornades médiatiques.

Pourtant, dans le cas de John Edwards, la blogosphère a critiqué les grands médias qui n’écrivaient pas une ligne sur le sujet. (John Edwards avait disparu des spéculations pour être le vice-président d’Obama par exemple, sans que les médias ne disent pourquoi). Il aura fallu qu’il fasse sa confession pour que tous les médias en parlent…

Oui parce que personne ne veut jamais être le premier à en parler. Mais dès que la porte est ouverte, tous les médias s’y précipitent avec des recettes qui semblent les mêmes à chaque fois.

Justement, il semblerait qu’une des étapes inévitables, ce soit d’aller se repentir à la télévision en parlant de la relation adultère comme d’une maladie qui vous est tombée dessus. On en oublierait qu’ils ont d’abord passé un bon moment !

Oui, il faut que vous disiez que c’est à cause de l’alcool, ou que vous avez un problème de « sex addiction »… Edwards a dit que c’était le sentiment de pouvoir qui lui était monté à la tête… Mais vous ne pouvez jamais dire « elle était vraiment sexy ». Après vous dites que vous êtes en cours de traitement, que vous êtes en thérapie, seul ou avec votre conjoint… Mais ce qu’il faut savoir, c’est aussi comme cela que ça se passe dans la vie privée des Américains : on suit le même script.

Rue89.

Actualité au Maroc