Euthanasie: la justice rejette la demande de Chantal Sebire
CourrierCasablanca.com | 18-03-2008
Elle souffre physiquement, moralement, et aucune médecine ne
pourra jamais la guérir.
Pour mettre un terme à son calvaire, Chantal
Sébire demande à la justice d’être euthanasiée.
Suivant les réquisitions du procureur, le tribunal de Dijon a rejeté sa demande. Les magistrats ont affirmé que la requête de Mme Sébire "s'oppose au code de déontologie médicale" et "au code pénal" qui condamne l'assistance au suicide.
Le caractère incurable de sa maladie et des "souffrances permanentes et intenses" n'ont pas infléchi la position des juges.
Cette ancienne institutrice de 52 ans ne compte pas faire appel de la décision. Elle précise qu’elle "voulait mener un combat dans la légalité pour alerter l’opinion", mais elle ne veut pas en faire plus. Lasse, elle prévoit de se rendre en Suisse où le suicide assisté est autorisé. Elle a déclaré savoir où et comment "se procurer ce dont elle a besoin".
Pour l’avocat de Chantal Sébire, l’intervention du président français, qui a préconisé de nouveaux avis d’experts pour "s'assurer que toutes les ressources de la médecine sont épuisées", est vaine. Elle ne sert qu’à "occuper l’espace" alors que sa cliente n’a plus aucun espoir de survie.
La tension est présente jusque dans les rangs du gouvernement après que la ministre au logement Christine Boutin a déclarée être
"scandalisée par le faut qu’on puisse donner la mort à cette femme
parce qu’elle souffre ». L’intéressée a répliqué : « Je souhaite à Mme
Boutin d’endurer ce que j’endure simplement pendant vingt-quatre
heures."