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En Tunisie, les islamistes s'en prennent à l'opposition

La campagne pour les prochaines lections en Tunisie s'annonce rugueuse. Samedi, alors que le principal parti d'opposition, Nidaa Tounes, se runissait sur l'le de Djerba, plusieurs militants proches du pouvoir islamiste ont envahi l'htel o se tenait la runion. Nidaa Tounes tait venu marquer la fin du deuil de l'un de ses cadres. Il y a quarante jours, Lotfi Naguedh, responsable du parti Tataouine, dans le sud du pays, a t battu mort, vraisemblablement par des membres du groupe auquel appartiennent les assaillants de Djerba.

Sous la bannire de la Ligue nationale de protection de la rvolution (LNPR), cette milice prtend empcher le retour en politique d'anciens membres du rgime de Ben Ali. Une catgorie dans laquelle le LNPR classe l'vidence Nidaa Tounes, dont le leader, Bji Cad Essebsi, qui fut premier ministre au lendemain de la rvolution, veut ratisser large - jusque dans les rangs du RCD dissous, l'exception de ceux qui pourraient tre poursuivis par la justice.

Samedi, on pouvait lire Dehors, pourritures! sur les banderoles masses devant l'htel de Djerba. Alors qu'ils taient assigs, les cadres et membres du parti ont appel au secours par SMS. Une avocate dfenseur des droits de l'homme, Bochra Belhaj Hmid, a dclar l'AFP: Nous avons contact les ministres de l'Intrieur et des Droits de l'homme, mais ils refusent d'intervenir. Dehors, la police est reste en retrait.

Agissements violents

La LNPR, divise en comits locaux, n'en est pas son coup d'essai. Tataouine, le 18octobre dernier, ses disciples ont manifest et rpondu violemment aux cocktails Molotov envoys par les membres de Nidaa Tounes qui cherchaient les repousser. Lotfi Naguedh devint ce jour-l le premier martyr politique de l'aprs-rvolution, selon Nidaa Tounes. Le 4dcembre, c'est Tunis, devant le sige de l'UGTT, le principal syndicat tunisien, que la Ligue s'est distingue, en accusant la centrale de rouler pour l'opposition.

De violents heurts, dont les protagonistes se rejettent la responsabilit, ont fait plusieurs blesss dans les rangs de la LNPR comme parmi les sympathisants de l'UGTT, qui commmorait ce jour-l le soixantime anniversaire de l'assassinat de son premier secrtaire gnral, Farhet Ached. Le syndicat a alors brandi la menace d'une grve gnrale nationale dans l'espoir d'obtenir la dissolution de la Ligue. Aprs des heures de ngociations avec le gouvernement, l'ouverture d'une commission d'enqute a t promise et la menace de grve, leve.

Malgr les agissements violents auxquels elle est associe, les divers avertissements qui lui ont t adresss et les demandes ritres de dissolution, la LNPR rcidive rgulirement. Et beaucoup la souponnent d'agir la solde d'Ennahda, le parti islamiste majoritaire au pouvoir, ce qui contribuerait expliquer l'impunit dont elle semble jouir.

Ancien porte-parole d'une instance, aujourd'hui dissoute, qui tait cense veiller la ralisation des objectifs de la rvolution, Samir Rabhi estime que les comits de quartiers crs au moment de la chute de Ben Ali n'ont plus de raison d'tre depuis la mise en place d'un gouvernement lu. Ils constituent le bras arm du parti au pouvoir, dplore-t-il. Selon lui, la Ligue cherche surtout dtruire Nidaa Tounes, principal parti aujourd'hui en mesure de battre Ennahda au prochain scrutin. Ils assurent agir contre les RCDistes en gnral, mais, lors des lections organises l'an dernier, les candidats connus pour avoir fray avec Ben Ali n'ont pas t inquits. Depuis que Nidaa Tounes reprsente une vraie menace pour Ennahda, au contraire, on voit les militants de la ligue commencer agir.

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