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04 Juillet 2013
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L'essentiel

• L'armée a renversé mercredi l'islamiste Mohamed Morsi, premier président civil démocratiquement élu d'Egypte, après une année tumultueuse au pouvoir marquée par des crises à répétition parfois meurtrières.

• Dans une première réaction, Mohamed Morsi, confronté durant sa présidence à une contestation populaire qui a atteint son apogée ces derniers jours, avait affirmé que le «coup d'Etat est rejeté par tous les hommes libres du pays».

• Le chef de l'Etat déchu a par la suite été placé aux arrêts par l'armée, qui a également placé en détention quelque 300 membres de Frères musulmans.

• L'annonce de l'armée a été accueillie par une explosion de joie par les dizaines de milliers de ses opposants qui manifestaient en masse à travers le pays.

12h35.

11h15. Le président du Conseil constitutionnel égyptien, Adly Mansour, prête serment comme président par intérim. «Je m’engage à préserver le système de la République, à respecter la Constitution et la loi et à protéger les intérêts du peuple», déclare ce dernier, désigné par l’institution militaire pour remplacer le président déchu, lors d’une brève cérémonie au siège du Conseil constitutionnel.

10h30. La Russie appelle toutes les forces politiques en Egypte à la «retenue» et à rester dans le cadre «démocratique». «Nous considérons comme important que toutes les forces politiques d’Egypte fassent preuve de retenue (...) et confirment dans les actes la volonté de résoudre les problèmes politiques et socio-économiques dans le cadre démocratique, sans violence et dans le respect des intérêts de toutes les couches et toutes les confessions de la société égyptienne», déclare le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

9h40. La France «prend acte» de l’annonce en Egypte de nouvelles élections après une période de transition. «Dans la situation très dégradée et d’extrême tension de l’Egypte, de nouvelles élections ont finalement été annoncées, après une période de transition. La France en prend acte», déclare Laurent Fabius dans un communiqué. «Elle souhaite que les échéances soient préparées dans le respect de la paix civile, du pluralisme, des libertés individuelles et des acquis de la transition démocratique, afin que le peuple égyptien puisse choisir librement ses dirigeants et son avenir», ajoute-t-il.

5h40. Un haut responsable militaire confirme sous anonymat à l’AFP que l’armée égyptienne détient Mohamed Morsi, «retenu de façon préventive», laissant suggérer que l’ex-chef d’Etat pourrait être poursuivi.

2 heures. Morsi et son équipe sont en résidence surveillée, selon les Frères musulmans. «Morsi et toute l’équipe présidentielle ont été placés en résidence surveillée au club de la Garde républicaine de la présidence», avant que le président déchu ne soit «séparé de son équipe et emmené au ministère de la Défense», déclare un responsable, Gehad al-Haddad.

1 heure. La sécurité égyptienne ordonne l’arrestation de 300 membres des Frères musulmans, le mouvement du président déchu Mohamed Morsi écarté par l’armée, a annoncé le journal gouvernemental Al-Ahram dans son édition de jeudi. Un responsable au ministère de l’Intérieur a confirmé à l’AFP que «des membres des Frères musulmans» étaient recherchés après le lancement de mandats d’arrêt à leur encontre, sans donner d’autres détails.

Minuit. Les consultations pour la formation du prochain gouvernement en Egypte débutent «maintenant», annonce dans la nuit de mercredi à jeudi l’opposant et ex-candidat à la présidentielle Amr Moussa. «Les consultations commencent maintenant pour un gouvernement et la réconciliation», a ajouté Moussa, à la tête du parti libéral du Congrès. «C’est la fin du régime de Morsi. C’est fini».

23h25. Les Etats-Unis ordonnent l’évacuation de leur ambassade au Caire en Egypte, indique un responsable américain sous couvert d’anonymat.

23h20. Quatre partisans du président égyptien Mohamed Morsi ont été tués dans des affrontements avec militaires et policiers dans la ville de Marsa Matrouh (nord-ouest), selon les services de sécurité. Dix autres personnes ont été blessées lors de cette attaque par un groupe de partisans armés de Morsi contre le siège des services de sécurité de cette ville sur la côte méditerranéenne, proche de la frontière libyenne.

23h15. La sécurité interrompt la diffusion de la TV des Frères musulmans selon un proche de Morsi.

23 heures.Mohamed Morsi déclare qu’il reste «le président élu d’Egypte», dans un message vidéo pré-enregistré et diffusé mercredi soir après l’annonce de sa mise à l’écart par l’armée. «Je suis le président élu d’Egypte», affirme-t-il dans ce message enregistré aux images tremblantes et de mauvaise qualité. Il a également «demandé au peuple de défendre (sa) légitimité».

22 heures. Des voitures défilent en klaxonnant à travers la capitale, tandis que la foule massée sur l’emblématique place Tahrir a exulté au moment du discours télévisé. «Un comité chargé d’examiner les propositions d’amendements constitutionnels sera formé», explique le général Sissi. De même, un gouvernement regroupant «toutes les forces nationales» et «doté des pleins pouvoirs» sera chargé de «gérer la période actuelle», selon lui. Le représentant de l’opposition, Mohamed el-Baradei, s’est exprimé après le général Sissi avec qui il a mené des tractations durant la journée, estime que ces mesures «répondent aux aspirations du peuple».


L'Egypte tourne une nouvelle page de son histoirepar ITELE

A lire aussi : Un portrait de Mohamed el-Baradei paru dans Libération en 2011

21h15. L’armée écarte Morsi et annonce une élection présidentielle anticipée. Morsi appelle à résister «pacifiquement» à ce «coup d'Etat complet». «Les mesures annoncées par le commandement des forces armées représentent un coup d’Etat complet, rejeté catégoriquement par tous les hommes libres de notre pays», a-t-il déclaré sur Twitter. Il est remplacé par le chef de la Cour constitutionnelle.

20h10. Les Etats-Unis se disent«très inquiets» de la situation en Egypte et ont appelé le président Morsi à «en faire plus» pour répondre aux inquiétudes des manifestants égyptiens. «Nous restons très inquiets de ce que nous voyons sur le terrain en Egypte», a déclaré Jennifer Psaki, porte-parole du département d’Etat. «Nous avons le sentiment qu’il manquait des propositions déterminantes dans les propos du président Morsi», a-t-elle poursuivi, évoquant le discours prononcé mardi par Mohamed Morsi. Washington pense que le président égyptien «devrait en faire plus» pour répondre aux demandes des manifestants, a poursuivi la porte-parole: «Des actes sont plus forts que des paroles».

19h50.«Nous l’oublierons vite !», se réjouissent déjà les manifestants hostiles à Mohamed Morsi. Dans une ambiance festive, ils sont des milliers aux abords du palais présidentiel à attendre la chute, inéluctable selon eux, du chef d’Etat égyptien. «Morsi mérite une telle fin. Il n’était que le président des Frères musulmans», affirme Amr Mohamed, 40 ans, sa fillette sur les épaules, près du siège de la présidence dans le quartier d’Héliopolis. Un groupe de femmes a installé une table dans la rue pour distribuer de l’eau et des dattes. «C’est pour le bien de l’Egypte. Nous fêtons le fait d’être débarrassés de Morsi» affirme l’une d’elles, Nehal Sery.

19 heures.Des dizaines de blindés de l’armée égyptienne se déploient aux abords de rassemblements des partisans du président islamiste Mohamed Morsi au Caire, constatent des journalistes de l’AFP. Une source militaire, citée par l’agence officielle Mena, a déclaré que les troupes s’étaient massivement déployées dans les quartiers de Nasr City, d’Héliopolis et près de l’université du Caire.

18h40. Le conseiller pour la sécurité nationale du président Mohamed Morsi, Essam al-Haddad, dénonce un «coup d’Etat militaire» après l’expiration d’un ultimatum de l’armée et l’interdiction faite à plusieurs dirigeants islamistes, dont Morsi, de quitter le territoire. «Dans l’intérêt de l’Egypte et pour la précision historique, appelons ce qui se passe par son vrai nom : un coup d’Etat militaire», a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur Facebook, peu après l’expiration de l’ultimatum demandant au président Morsi de se plier «aux revendications du peuple», allusion aux foules qui réclament son départ.

18h30.Le président Mohamed Morsi et plusieurs dirigeants des Frères musulmans sont interdits de quitter l’Egypte mercredi, dans le cadre d’une enquête sur une affaire d’évasion de prison en 2011, selon des sources de sécurité.

«Tous les suspects impliqués dans l’affaire des évasions de la prison de Wadi Natroun en 2011, dont le président Mohamed Morsi et plusieurs dirigeants des Frères musulmans, sont sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire conformément à une décision de hauts responsables de la sécurité», a déclaré une source au sein des services de sécurité. Des responsables à l’aéroport du Caire ont confirmé à l’AFP avoir reçu l’ordre d’empêcher les responsables islamistes, dont le Guide suprême de la puissante confrérie Mohammed Badie et son «numéro 2» Khairat al-Chater, de voyager.

17 heures. Le président égyptien Mohamed Morsi appelle à former un «gouvernement de coalition et de consensus» au moment où expire un ultimatum lancé par l’armée, menaçant d’imposer sa propre «feuille de route» au chef d’Etat s’il ignorait les «revendications du peuple». Sur sa page Facebook officielle, Morsi, contesté par une partie de la population, a appelé à «former un gouvernement de coalition et de consensus afin d’organiser des législatives à venir».

16h30. Des foules de partisans et d’opposants à Morsi se massent à travers l’Egypte à l'expiration de l'ultimatum de l’armée. Cette dernière était engagée entretemps dans d’intenses tractations sur cette «feuille de route» avec l’opposition et des responsables religieux, selon une source militaire. Les représentants des partis islamistes, dont celui de Mohamed Morsi, ont été invités mais ne sont pas venus.

Morsi, accusé par ses détracteurs d’accaparer le pouvoir au profit des Frères musulmans, avait de nouveau martelé mardi qu’il ne quitterait pas le pouvoir, faisant valoir sa «légitimité» gagnée à l’issue de la première présidentielle démocratique de l’histoire du pays, il y a un an.

Lundi, l’armée lui a donné 48 heures pour «satisfaire les revendications du peuple», dont une partie manifeste par des dizaines de milliers depuis dimanche pour appeler à son départ. Alors que des violences, notamment lors de heurts entre pro et anti-Morsi, ont déjà fait 47 morts depuis une semaine, le ministère de l’Intérieur a affirmé qu’il répondrait «fermement» à toute violence.

16 heures. Sur l’emblématique place Tahrir, des milliers de manifestants sont rassemblés en scandant «Dégage !» à l’adresse de Mohamed Morsi. «Il a répété au moins 1 000 fois le mot "légitimité" comme si nous n’existions pas. Sa légitimité, il la tient du peuple qui aujourd’hui manifeste partout contre lui», dénonce Rouaya, 19 ans, une jeune manifestante voilée rejetant le discours de Morsi.

En direct - L'Egypte a un nouveau président

Place Tahrir, le 3 juillet. Photo Reuters.

Ailleurs au Caire, des milliers de pro-Morsi étaient toujours massés sur la place Rabaa al-Adaouiya, au Caire. Les rassemblements anti-Morsi commençaient également à se former dans d’autres villes, dont Alexandrie (nord) et Port-Saïd, sur le canal de Suez.

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