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11 Janvier 2015
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Des dizaines de rassemblements se sont tenus un peu partout dans le monde ce dimanche en solidarité avec la France. 

A Berlin

A l'étranger, on est Charlie aussi

(Photo John MacDougall. AFP)

18 000 personnes réunies à Berlin dans l’après-midi en mémoire aux victimes du terrorisme à Paris… Les organisateurs n’attendaient que 6 000 personnes devant la porte de Brandebourg où se trouve l’ambassade de France. Sur le fronton du bâtiment, ces trois mots «je suis Charlie» illuminent la façade. Il y a là des Français, des Allemands, mais aussi des Italiens, des Libanais, portant des affiches «je suis Charlie», des représentations de leurs caricatures préférées du magazine, des crayons ou des slogans en allemand, en français ou en arabe en faveur de la liberté d’expression.

«Je suis là pour protester contre l’obscurantisme, explique Katarina, venue du sud de la capitale allemande pour manifester son soutien. En Allemagne aussi un tel drame pourrait arriver. Regardez le Hamburger Morgenpost, qui avait repris les caricatures de Charlie Hebdo, et qui a été victime d’un incendie criminel la nuit dernière! Je voudrais que tous les organes de presse allemands se réunissent et décident en commun de publier ces caricatures. Mais visiblement, on a peur…» Dans la foule, plusieurs enfants affichent une banderole «je n’ai pas peur». Gudrun, Berlinoise de 70 ans, s’inquiète de la place de plus en plus importante prise par le religieux dans le débat politique. «Ça me fait peur, qu’on justifie de plus en plus d’intolérance au nom de la religion, explique-t-elle. Il faut conserver la distance entre politique et religieux», insiste-t-elle.

Sandra, Berlinoise de 33 ans, veut «se lever pour la liberté de parole, défendue par la constitution. La liberté de parole est menacée. Il ne faut pas que les gens commencent à avoir peur de dire ce qu’ils pensent de peur des attentats ! Nous, les citoyens, on est contre l’islamisme radical, mais pour la liberté de religion». May, une Libanaise catholique, est venue avec son mari pour protester contre le fanatisme musulman. Tous deux connaissent Charlie Hebdo de l’époque où ils vivaient en France. Philip, jeune père de famille franco-allemand, est là avec son épouse et leurs trois filles. Lui n’a jamais lu Charlie. De nombreux élèves du lycée français, qui avaient respecté une minute de silence au lendemain de l’attentat en classe, sont venus avec leurs professeurs.

Plusieurs rassemblements ont également eu lieu dans d’autres villes d’Allemagne comme Hambourg, Munich, Francfort, Mannheim ou Hanovre avec à chaque fois plusieurs centaines de personnes.

Les attaques terroristes de Paris ont provoqué une onde de choc en Allemagne, jusqu’alors épargnée par le terrorisme à l’exception d’une attaque dirigée en fait contre l’armée américaine à l’aéroport de Francfort. Un extrémiste Kosovar avant tué deux Gis en partance pour l’Afghanistan le 2 mars 2011. D’autres tentatives ont depuis pu être déjouées ou ont échoué à cause d’erreurs techniques dans la construction des engins explosifs qui devaient exploser dans un train de banlieue des environs de Cologne. N.D.

 

A Londres


A l'étranger, on est Charlie aussiLe Tower Bridge aux couleurs du drapeau français. (Photo Paul Hackett. Reuters)

Planté en haut de sa colonne, l’amiral Nelson n’a pas bronché d’un cil. Et pourtant, tout l’après-midi, à ses pieds, sur Trafalgar Square, la France a chanté, pleuré et ri, applaudi et chanté encore. La Marseillaise souvent, «On est tous Charlie», beaucoup. Les Français de Londres s’étaient rassemblés par milliers, en miroir au rassemblement républicain à Paris. A leurs côtés, déterminés à montrer leur solidarité, se tenaient aussi beaucoup de Britanniques.

Dimanche matin, dans une synagogue du Nord de Londres, le rabbin avait invité à converger sur Trafalgar. Ils sont donc venus, armés de pancartes clamant «je suis juif», qui répondaient à toutes celles rappelant «Je suis Ahmed», «Je suis policier», «Je suis Hyper Casher», «I am Human» (Je suis un être humain, ndlr). Et puis, comme un condensé, un résumé de tous ces mots, une vague de «Je suis Charlie» couvrait la foule. 

«Ils ont tué mon enfance»

Ils sont venus en famille, avec les poussettes, parce que «si on ne vient pas aujourd’hui, quand est-ce qu’on manifestera?». Solène a 33 ans. Elle est venue avec son petit ami Gary, 32 ans, qui travaille pour le métro de Londres. «Je ne me suis jamais sentie aussi touchée par un événement public que cette fois-ci, dit-elle, il faut montrer qu’on n’a pas peur, qu’on va continuer à vivre». Et puis, souligne Gary, «ça aurait pu arriver ici aussi». Sébastien, 38 ans, est enroulé dans du bleu, blanc, rouge, il s’est collé des dizaines de crayons sur le corps. «Cabu, c’est mon enfance. Ils ont tué mon enfance.Ça fait dix-sept ans que je vis au Royaume-Uni, je ne lisais pas Charlie Hebdo, mais la liberté d’expression, c’est la plus belle des valeurs, pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression qu’on retrouve le sens des mots "Liberté, Egalité, Fraternité", ça fait du bien».

Dans la foule, entourés d’une sécurité minimale, on aperçoit Nick Clegg, vice-Premier ministre britannique, accompagné de l’ambassadeur de France, Sylvie Bermann. «Je voulais montrer ma solidarité personnelle mais aussi celle du gouvernement, du Royaume-Uni, parce que ce n’était pas qu’une attaque contre des dessinateurs, c’était aussi une attaque contre des valeurs que nous partageons. Nous sommes Charlie aussi», déclare Nick Clegg dans un français parfait. Sur son passage, les «merci, merci d’être là» fusent.

Les expressions de solidarité des Britanniques ces derniers jours n’ont pas cessé. Des rassemblements ont aussi eu lieu à Glasgow, à Leeds, à Manchester, Sheffields ou encore à Liverpool.

A l'étranger, on est Charlie aussi A Liverpool. (Photo Phil Noble. Reuters)

Il est 16h30, la nuit tombe. Les gens piétinent dans le froid depuis presque trois heures. Soudain, la façade de la National Gallery affiche le drapeau tricolore. Les fontaines de la place s’illuminent de bleu-blanc-rouge. A l’autre bout de Londres, Tower Bridge aussi enfile, pour un soir, le drapeau français. La foule pousse un grand « Oh…. » puis applaudit à tout rompre.

Une tignasse blonde en bataille, reconnaissable entre toutes, pointe. Boris Johnson, le maire de Londres, est aussi là. Il lance sa boutade favorite, rappelle qu’avec 300 000 Français à Londres environ, il est «le maire d’une grande ville française». Puis, plus sérieux, il ajoute : « Aujourd’hui, nous sommes tous Charlie, nous sommes tous Parisiens. On se souvient très bien à Londres des attentats du 7 juillet 2005. Londres a montré son unité au lendemain des attentats, comme Paris aujourd’hui ».

«Et demain?», s’interrogent plusieurs manifestants. «Que va-t-il se passer?», lance William, 35 ans. «On a peur que les gens oublient vite. Il faut qu’on reste uni, il faut que le gouvernement agisse avec nous, on ne peut pas y arriver seul. Et il y a du boulot, dans l’éducation, dans la vie politique, mais il faut rester uni.»

Dans la foule, on s’échange des infos, on regarde les photos du défilé à Paris. «Tu te rends compte? Netanyahu et Abbas? Tu as vu? Le roi de Jordanie? Combien, un million et demi au moins?». Les yeux s’éclairent, les mines graves ébauchent des sourires. Les nouvelles tiennent chaud. «Je voyage dans le monde entier pour mon boulot», explique Serge, 50 ans, «et là, lorsque je vois la solidarité dans le monde, je me dis que la France représente encore quelque chose, des valeurs fortes. Aujourd’hui, on a besoin de symboles comme celui-là, pour arrêter la barbarie. Si on ne se mobilise pas, on va se faire bouffer».

Baigné d’une lumière bleu-blanc-rouge, Nelson sur sa colonne ne bronche toujours pas. Alors qu’un petit malin lui a collé sur le ventre un «Je Suis Charlie». S.D.

 

A Bruxelles

A l'étranger, on est Charlie aussi

(Photo Francois Lenoir. Reuters)

Pas moins de 20 000 personnes ont marché «Ensemble contre la haine» dans le centre de Bruxelles, selon la police. «Merci Bruxelles […] pour ce magnifique bras d’honneur à la connerie», a lancé à l’issue du défilé l’ambassadeur de France en Belgique, Bernard Valero, rompant pour l’occasion avec la réserve diplomatique.

Beaucoup de manifestants, dont quelques jeunes enveloppés du drapeau français, brandissaient des panonceaux «Je suis Charlie», d’autres des pancartes «Ensemble contre la haine» en français et néerlandais. Une banderole reprenant ce slogan et une autre proclamant en anglais «Freedom of speech» (liberté d’expression) ouvraient la marche.

«C’est un mouvement magnifique, il y avait le besoin de se regrouper […] nous disons notre attachement à la liberté de pensée et d’expression, dans le respect des autres, c’est très important», a commenté le dessinateur belge Philippe Geluck, présent dans le cortège. «Il faut continuer à lutter comme l’ont fait nos parents et grands-parents contre un fascisme religieux. Je sais que la communauté musulmane s’est sentie blessée et humiliée par les caricatures, mais elles ne visaient pas l’islam mais l’intégrisme.»

Sur un immeuble surplombant le parcours, dans le centre-ville, un panneau lumineux proclamait «Je suis Charlie» en français, anglais et néerlandais.

Cette marche «citoyenne» a été organisée, en réaction à l’attentat meurtrier contre Charlie Hebdo, par un collectif de «citoyens, dessinateurs, journalistes, syndicalistes, entrepreneurs, associations de lutte contre la xénophobie et le racisme, représentants de partis politiques belges et français…», selon leur site.

 A Madrid


A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Gérard Julien. AFP)

Des centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre de la capitale déployant un grand drapeau français et des pancartes «Je suis Charlie». Les participants se sont donné rendez-vous Puerta del Sol, dans le centre historique de Madrid, et ont observé plusieurs minutes de silence, brandissant des pancartes et des stylos avant de chanter La Marseillaise.

Les participants ont ensuite rejoint un autre rassemblement prévu devant la gare d’Atocha, théâtre des attentats islamistes les plus meurtriers commis en Europe, le 11 mars 2004, avec 191 victimes. «Keep calm. Je suis musulmane, pas terroriste», lisait-on sur la pancarte d’une des manifestantes.

 

Et aussi…

A Vienne


A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Heinz-Peter Bader. Reuters)

A Buenos Aires

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Enrique Marcarian / Reuters)

A Oulan Bator

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Rentsendorj Bazarsukh. Reuters)

A Stockholm

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo TT News Agency. Reuters)

A Tel-Aviv

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Baz Ratner. Reuters)

A Thessalonique

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Alexandros Avramidis / Reuters)

A Ulan-Bator

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Rentsendorj Bazarsukh. Reuters)

 

A La Vallette

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo  Darrin Zammit Lupi / Reuters)

A Beyrouth 

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Jamal Saidi / Reuters)

A Montreal

A l'étranger, on est Charlie aussi(Photo Christinne Muschi. Reuters)

A Medellín


A l'étranger, on est Charlie aussiPhoto Fredy Builes. Reuters

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