16 Juin 2008
Mise à jour le 16 Juin 2008, 19:23
Imprimer
 

à la suite d'une hémorragie cérébrale qui l'a plongé dans le coma, a indiqué un membre de sa famille à l'AFP. Le réalisateur égyptien, qui a marqué le cinéma de son pays depuis les années 50 par une oeuvre à la fois intimiste et politiquement engagée, a été transféré lundi par avion-ambulance privé d'Egypte en France.

Son état de santé "est critique mais stable", a précisé à l'AFP sa nièce, Marianne Khoury, qui l'accompagne. Le cinéaste a été victime samedi d'une hémorragie cérébrale, et "la décision a été prise dimanche soir de le transférer en France", a précisé Mme Khoury.

Youssef Chahine, qui est toujours "inconscient", a été admis à l'Hôpital américain de Neuilly (Hauts-de-Seine), a précisé sa nièce.

Cette institution privée à but non lucratif, regroupant 197 lits et places d'hospitalisation en chirurgie, médecine et obstétrique, a l'ambition de "rassembler le meilleur des pratiques médicales françaises et américaines, afin d'offrir à ses patients (...) des soins de très haute qualité", selon son site internet. Le président tchadien Idriss Deby, l'actrice américaine Jane Fonda ou la chanteuse américaine Whitney Houston s'y sont fait soigner.

Les plus hautes autorités de l'Etat égyptien ont affiché leur mobilisation autour de la santé du cinéaste, dont la liberté de parole lui a pourtant valu des relations difficiles avec le pouvoir de son pays.

Le président Hosni Moubarak a décidé que M. Chahine -- connu pour son opposition au régime en place comme aux islamistes -- serait soigné aux frais de l'Etat égyptien, en signe de "considération pour sa participation remarquable à la construction du cinéma égyptien", a rapporté l'agence Mena.

M. Moubarak espère que Youssef Chahine "surmontera" cette crise, d'après la même source.

"L'Etat égyptien s'occupe de cette affaire", a insisté de son côté devant la presse le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, qui se trouvait lundi par coïncidence à Paris pour inaugurer une exposition consacrée à la chanteuse égyptienne Oum Kalsoum à l'Institut du monde arabe (IMA).

Plus célébré à l'étranger que dans son pays, Youssef Chahine avait obtenu en 1997 le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l'ensemble de son oeuvre.

Né le 25 janvier 1926 à Alexandrie, éduqué en français et en anglais, Youssef Chahine a imprimé ses souvenirs et ses idées de gauche et anti-islamistes sur une oeuvre riche d'une quarantaine de films.

C'est lui qui a découvert l'acteur Omar Sharif, qu'il fait tourner dans "Eaux noires" (1956), un des films d'inspiration néo-réaliste qu'il réalise dans les années 50 et 60, avec "Gare centrale" (1958) et "La terre" (1969).

Sans renoncer aux sagas politiques, Chahine s'est ensuite lancé dans le roman filmé de sa jeunesse, avec la trilogie "Alexandrie, pourquoi?" (1978), "La mémoire" (1982), "Alexandrie encore et toujours" (1989). Il offre un rôle à Dalida, qui retrouve à cette occasion son Egypte natale, dans "Le sixième jour" en 1986.

"L'émigré" (1994), inspiré de la vie du patriarche biblique Joseph, et "Le destin" (1997), qui évoque le philosophe arabe du XIIè siècle Averroès, lui ont valu la colère et la censure des intégristes égyptiens. Son dernier film, "Le Chaos" (2007), dépeignait sans fard un policier corrompu tenant tout un quartier du Caire sous sa coupe.

AFP.

Actualité au Maroc

 
Joomla SEO powered by JoomSEF