27 Avril 2008
Mise à jour le 28 Avril 2008, 16:37
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samedi dans l’incendie catastrophique d’une usine de matelas et d’ameublement à Casablanca.

Le propriétaire et le gérant de l’usine ont été placés dimanche en garde à vue alors que sur place la police scientifique poursuivait ses recherches pour établir les causes exactes du sinistre provoqué selon la Protection civile par un court-circuit.

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"Le proriétaire Adil Moufarreh et son fils qui était gérant, Abdelali Moufarreh, ont été placés en garde à vue après avoir été interrogés par la police", a déclaré un responsable de la sécurité.

Après la découverte d’un corps sous les décombres dimanche matin, le bilan s’établissait à 55 morts. Une source responsable à la wilaya du Grand Casablanca faisait état de 54 morts et 17 blessés.

Il s’avère de plus en plus certain, selon la Protection civile, qu’aucune norme de sécurité n’était respectée dans l’usine Rosamor Ameublement, située dans le sud-ouest de Casablanca.

"Il s’agit d’un bâtiment, composé d’un rez-de-chaussée et de trois étages, spécialisé dans la fabrication de meubles, et il y a donc des produits hautement inflammables", a affirmé le commandant régional de la Protection civile du Grand Casablanca, Moustapha Taouil. "Or, nous avons pu constater au cours de notre intervention que les exploitants du lieu ne respectaient pas les dispositions légales pour ce type d’industrie, comme l’entraînement et la formation du personnel", a dit l’officier.

Plus grave encore, le propriétaire, en contrevenant à la législation, enfermait les employés à l’intérieur de l’usine pour, soit disant, éviter le détournement des matières premières. C’est cela qui les a empêchés de quitter le lieu du sinistre.

Un court circuit au rez-de-chaussée où se trouvaient des machines de menuiserie aurait déclenché l’incendie. "Le manque d’entretien des différentes machines et installations électriques est la cause de cet incendie", a affirmé le commandant Taouil.

Plusieurs rescapés interrogés dimanche par l’AFP sur leur lit d’hôpital ont confirmé les dires de ce responsable. "Toutes les portes étaient bloquées et personne ne pouvait fuir pas les issues", a ainsi assuré Smail Benhamed, 19 ans, qui a sauté du deuxième étage.

Certains employés ont en outre dénoncé les pratiques sociales du propriétaire, affirmant n’avoir jamais eu de couverture sociale. "Sur les 400 employés de l’usine, 30 seulement sont déclarés à la Caisse nationale de la Sécurité sociale", a déclaré Fellah Hassan, un tapissier de 30 ans. Les salaires sont aussi pointés du doigt. "Je gagne 350 dirhams par semaine sans être déclaré"", a certifié Smaïl Benhamed.

Un millier de personnes et des centaines de voitures stationnaient dimanche sur le lieu du sinistre, alors que les pompiers avec des chiens et la police scientifique ramassaient méticuleusement objets ou lambeaux de chair calcinés.

Le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, qui s’est rendu samedi sur place, a qualifié l’incendie de "drame catastrophique" et a précisé que le parquet de Casablanca avait diligenté une enquête sur "les circonstances de ce sinistre et sur les conditions de travail afin de fixer les responsabilités".

Le roi Mohammed VI a donné ses instructions aux autorités pour "prendre toutes les mesures nécessaires afin de secourir les victimes".

Ce drame intervient dans un climat de tension sociale en raison de la flambée des prix. Les centrales syndicales ont refusé dernièrement les propositions de l’Etat et des organisations patronales, et certaines ont même menacé d’une grève générale.

AFP

 

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