23 Janvier 2015
Imprimer
 

INFOGRAPHIE - Après le décès du roi Abdallah, le prince héritier âgé de 79 ans lui succède à la tête du royaume en s'inscrivant dans la continuité de son demi-frère.

L'Arabie saoudite a appris avec tristesse la disparition du roi Abdallah, dans la nuit de jeudi à vendredi. Le mécanisme de la succession s'est aussitôt mis en route. Son demi-frère, le prince héritier Salman, a pris sa place sur le trône. Les obsèques d'Abdallah se sont déroulées vendredi, juste après la grande prière (Zuhr), dans la plus stricte simplicité. Recouverte d'une étoffe jaune, sa dépouille a été transportée sur un brancard dans la mosquée Imam Turki, au centre de Riyad, et déposée à même le sol avant qu'un dignitaire religieux récite une brève prière.

Une disparition attendue

Les Saoudiens s'attendaient à la disparition du vieux monarque, depuis son hospitalisation pour pneumonie, le 31 décembre dernier. Certains affirment avoir perdu un «père». Abdallah était très apprécié. Il avait beau être l'une des plus grandes fortunes au monde, il était beaucoup moins dans l'ostentation que ses prédécesseurs. Selon le magazine Forbes, il était la 7e personne la plus influente de la planète et l'un des souverains les plus riches au monde, avec une fortune estimée à 21 milliards de dollars.

Abdallah passait pour un réformateur prudent. Au risque de s'attirer les foudres des oulémas, les autorités religieuses. Il souhaitait ainsi que les femmes jouent un rôle plus important dans la société. C'est à son initiative qu'elles sont aujourd'hui plus nombreuses à travailler et qu'elles pourront voter aux prochaines élections municipales, cette année. Il avait ainsi nommé en janvier 2013 trente femmes au Majlis al-Choura, ou Conseil consultatif. En revanche, il n'est pas parvenu à leur permettre de conduire, alors qu'il y était favorable. Le roi Abdallah avait besoin d'obtenir le consensus de tous les acteurs de la société, en particulier le clergé saoudien. Il ne prenait jamais une décision seul. La route pour la conduite des femmes est encore longue…

Salman monte sur le trône d'Arabie saoudite

La succession du roi Abdallah est un défi pour les Saoudiens. Le nouveau roi, Salman Ben Abdelaziz, âgé de 79 ans et qui souffre de problèmes de santé, n'a pas le choix: il devra poursuivre la politique menée par son demi-frère ces dernières années. Les enjeux sont importants, au premier rang desquels la lutte contre le terrorisme. L'Arabie saoudite est engagée dans la coalition internationale aux côtés des Occidentaux contre l'État islamique, qui cherche par tous les moyens à déstabiliser la monarchie sunnite. Prince héritier depuis 2012, Salman est tout à fait conscient de ces défis: il était également ministre de la Défense.

Lutte d'influence

Le nouveau monarque a convoqué le Conseil d'allégeance et désigné le prince Mouqrin comme son héritier. Ce dernier, un frère d'Abdallah âgé de 69 ans, est un ancien patron des services de renseignement. Salman a aussi désigné l'actuel ministre de l'Intérieur, le prince Mohammed Ben Nayef, «futur prince héritier», soit deuxième dans l'ordre de succession sur le trône. Il devrait ainsi devenir le premier roi de la «deuxième génération» - les petits-fils du roi Abdelaziz, fondateur du royaume saoudien. Dans la lutte d'influence à laquelle se livrent les différents clans de l'oligarchie princière, le nouveau roi a aussi nommé son fils Mohammed Ben Salman au poste stratégique de ministre de la Défense. Compte tenu de son âge, 35 ans, sa nomination pourrait provoquer quelques réticences. Ces nominations renforcent au sein de la dynastie des al-Saoud l'influence de la branche des Soudaïri, qui s'était affaiblie durant le règne du roi Abdallah.

Pas de changement de politique

Dans son premier discours, le nouveau roi Salman a déclaré qu'il n'y aurait pas de changement de politique. «Nous resterons, avec la force de Dieu, sur le chemin droit que cet État a suivi depuis sa création par le roi Abdelaziz Ben Saoud et ses fils après lui», a-t-il dit. Le pouvoir saoudien va devoir gérer une population marquée par une forte croissance démographique et touchée par une hausse du chômage, dans une économie qui demeure totalement dépendante des revenus pétroliers, désormais en baisse. Les relations avec la France devraient rester au beau fixe, les deux pays convergeant sur les principaux dossiers régionaux, qu'il s'agisse de l'Iran, l'Irak, la Syrie ou la lutte contre le terrorisme. Riyad est aussi un important partenaire économique de la France.

Les dirigeants étrangers non-musulmans pourront rendre hommage au roi défunt à partir de ce samedi, après la prière. Parmi eux, François Hollande, le vice-président américain, Joe Biden, et le prince Charles d'Angleterre. Téhéran doit envoyer son chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif. .

Actualité au Maroc

 
Joomla SEO powered by JoomSEF