30 Avril 2013
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Des Espagnols attendent devant une agence pour l'emploi à Burgos

Le chômage a atteint un nouveau record absolu dans la zone euro à 12,1% en mars, un chiffre qui devrait alimenter le rejet de l’austérité de plus en plus partagé dans les pays du sud, au moment où le nouveau Premier ministre italien Enrico Letta devrait plaider à Berlin pour un plan de relance.

Le chômage, qui vole de record en record en Europe, touchait en mars 19,2 millions de personnes dans la zone euro. Il s’agissait de son 23e mois de hausse d’affilée.

Sa progression a été spectaculaire en un an: en mars 2012, le taux de chômage était encore de 11% dans la zone euro.

C’est dans trois des pays bénéficiant d’une assistance financière internationale, assortie de plans d’austérité drastiques, qu’il est le plus élevé: en Grèce (27,2% selon les dernières données disponibles datant de janvier), en Espagne (26,7%) et au Portugal (17,5%).

Et rien, dans les plans adoptés par les pays bénéficiant d’un programme d’aide pour se conformer aux exigences de leurs créanciers, ne semble de nature à inverser la tendance à court terme.

Le Parlement grec a ainsi adopté dimanche soir une loi mettant en oeuvre de nouvelles mesures imposées par la troïka des créanciers (UE, BCE et FMI), qui prévoit le renvoi d’ici fin 2014 de 15.000 fonctionnaires.

A Chypre, le Parlement doit débattre mardi du plan de sauvetage de l’île de 10 milliards d’euros, là encore assorti de conditions draconiennes, dont une baisse des effectifs de la fonction publique.

L’Irlande et le Portugal, bénéficiant également d’assistance financière, ont réaffirmé récemment leurs engagements budgétaires. Mais «nous estimons que l’Europe peut faire davantage pour la croissance et l’emploi», a souligné le Premier ministre irlandais, Enda Kenny.

A Lisbonne, le gouvernement a adopté mardi une stratégie budgétaire à moyen terme comprenant des mesures d’austérité destinées notamment à réduire les dépenses de l’Etat d’environ 4 milliards d’euros au cours des deux prochaines années.

Sa tâche a été rendue difficile par la Cour constitutionnelle, qui a retoqué début avril plusieurs mesures d’austérité jugées discriminatoires, visant notamment à réduire les salaires et les pensions des fonctionnaires, ce qui l’a privé de 1,3 milliard d’euros d’économies.

Le nouveau programme prévoit à la place de réduire les budgets de fonctionnement de tous les ministères, ainsi que les dépenses liées à la santé, l’éducation et la sécurité sociale, ce qui a suscité des frictions au sein de la coalition au pouvoir et de vives critiques de l’opposition de gauche.

C’est dans ce contexte que le nouveau Premier ministre italien Enrico Letta, qui a obtenu mardi la confiance des députés et du Sénat, se prépare à faire une tournée européenne qui le conduira dès mardi soir à Berlin.

Il s’agira pour M. Letta, à la tête d’un gouvernement de coalition, d’une «première et délicate mission qui vise à faire comprendre aux principaux interlocuteurs européens que l’Italie confirme ses engagements vis-à-vis de l’UE, mais a besoin d’une marge d’autonomie plus ample pour stopper la récession et poser les bases d’une reprise», écrit l’éditorialiste de La Stampa, Marcello Sorgi.

Pour le Corriere della Sera, M. Letta et la chancelière Angela Merkel, «symbole de la rigueur et de l’austérité imposée à tous les pays européens ayant des déséquilibres budgétaires et un endettement élevé», parleront «certainement» du fait que «l’Italie est en train de mourir de trop d’assainissement», comme l’a affirmé M. Letta lundi lors de son premier discours devant le Parlement.

«L’Europe a besoin d’une Italie courageuse. L’austérité seule asphyxie non seulement l’Italie, mais aussi beaucoup de pays européens», a twitté mardi le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz.

Le Premier ministre italien poursuivra son voyage par Bruxelles et Paris mercredi et jeudi. Il sera reçu mercredi soir par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy et jeudi matin par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Le ministre français des Affaires européennes Thierry Repentin a vu dans le discours du président du Conseil italien un signe que «sur la politique de relance, aujourd’hui, François Hollande a plus d’écho, est moins isolé» au sein de l’UE.

Interrogé mardi sur le sujet, Simon O’Connor, porte-parole du commissaire en charge des affaires économiques Olli Rehn, a indiqué que la Commission avait «pleinement confiance dans la détermination du nouveau gouvernement (italien) à atteindre les objectifs fixés pour cette année».

Quant à M. Barroso, il s’est dit certain, dans son message de félicitation à M. Letta, de pouvoir compter sur son engagement «pour continuer le processus de réformes nécessaires».

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