24 Décembre 2012
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L'émissaire international Lakhdar Brahimi de retour en Syrie

L'émissaire Lakhdar Brahimi a appelé lundi à un accord pour mettre fin à la guerre civile en Syrie après avoir rencontré Bachar al-Assad à Damas, au lendemain de la mort de 60 civils près d’une boulangerie, insurgés et autorités se renvoyant la responsabilité de ces violences. Dans le centre du pays, des jihadistes se sont emparés d’une grande partie d’un village alaouite, la minorité à laquelle appartient Assad, au prix de violents combats ayant fait une trentaine de morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les insurgés ont récemment multiplié les attaques dans la région de Hama, où coexistent de nombreuses communautés et jusqu’ici quadrillée par les forces de sécurité depuis les manifestations monstres de l'été 2011 contre le régime. Samedi, un autre bataillon islamiste avait menacé d’attaquer deux villages chrétiens du secteur si leurs habitants n’en délogeaient pas l’armée et les miliciens du régime.

Après 21 mois d’un conflit désormais «ouvertement communautaire» selon l’ONU et qui a fait plus de 44 000 morts selon l’OSDH, Lakhdar Brahimi a fait part de son inquiétude au chef de l’Etat contesté depuis mars 2011, disant espérer que «toutes les parties se prononcent pour une solution»«M. Assad a exprimé son point de vue sur la situation et je lui ai fait le compte rendu de mes rencontres avec des dirigeants dans la région et en dehors», a ajouté l’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe.

Il a récemment discuté avec les dirigeants américains et russes, dont les positions sont diamétralement opposées, les premiers appelant au départ de Bachar al-Assad et les seconds soutenant le régime de Damas. Lors de sa dernière visite, mi-octobre, le médiateur avait négocié la mise en place d’une trêve pour la fête musulmane d’al-Adha fin octobre, qui avait volé en éclats au bout de quelques heures.

«Suicide politique»

Alors que la communauté internationale a récemment mis en garde contre toute utilisation d’armes chimiques par Damas, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé à la chaîne Russia Today que ce recours serait un «suicide politique». Selon des experts, la Syrie dispose de stocks d’armes chimiques qui datent des années 1970 et sont les plus importants du Moyen-Orient. Damas affirme cependant régulièrement que «dans le cas où» il en possèderait, il ne les utiliserait jamais.

Des militants cités par l’OSDH ont indiqué que six rebelles avaient péri à Homs (centre) après avoir inhalé un gaz inodore tiré par l’armée qui pourrait avoir été utilisé pour la première fois en Syrie et provoque «vertiges, graves maux de tête et épilepsie». Le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, a toutefois affirmé à l’AFP qu'«il ne s’agit pas d’une arme chimique», exhortant la Croix-Rouge internationale à se rendre à Homs, assiégée depuis six mois.

Dimanche, jour de l’arrivée de Lakhdar Brahimi, 198 personnes ont péri en Syrie, dont 120 civils, selon l’OSDH qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins civils et militaires. Parmi eux, 60 sont morts devant une boulangerie de Halfaya, dans la province de Hama, les militants et l’opposition dénonçant un «massacre» de l’aviation, tandis que l’agence officielle Sana affirmait que les troupes étaient intervenues après une attaque de «terroristes», terme par lequel le régime désigne les rebelles. L’OSDH a dit avoir pour le moment identifié 43 corps, 40 d’hommes et trois de femmes.

La Coalition de l’opposition a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à enquêter, tandis que sa principale composante, le Conseil national syrien (CNS), a «fait porter à la communauté internationale la responsabilité de ce massacre», en raison de son inaction, et y a vu la preuve que le régime «a perdu le contrôle du pays».

Lundi, selon un premier bilan de l’OSDH, au moins 55 personnes ont été tuées à travers le pays. Alors que l’ONU estime que quatre millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence en Syrie, l'émir du Koweït a annoncé la tenue dans son pays fin janvier d’une réunion de donateurs pour mobiliser une aide humanitaire pour les civils syriens.

(AFP)

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