17 Décembre 2012
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Victoire magistrale de la droite au Japon

Tokyo

Comme l'avaient anticip les sondeurs, le Parti libral dmocrate (PLD) fait un retour triomphal la tte du Japon l'issue des lections lgislatives de dimanche. Dimanche, les premires estimations le crditaient d'environ 300 des 480 siges de la Chambre basse. Avec son parti alli le Komeito (bouddhiste), le PLD atteindrait les deux tiers des siges. Un tel score lui permet de neutraliser les vellits d'opposition de la Chambre haute, aujourd'hui sans majorit.

Le Parti dmocrate du Japon (PDJ) est congdi sans mnagement: il ne sauve qu'environ 65 siges et perd 80% de son assise politique la Chambre. Par son ampleur, ce changement n'a qu'un prcdent: les dernires lections lgislatives en 2009, qui avaient install au pouvoir le PDJ contre le PLD.

Contre la Chine et pour le nuclaire

Ce renversement consacre aussi le retour aux affaires de Shinzo Abe. Parti au terme d'une anne calamiteuse d'exercice du pouvoir en 2007, il revient avec un programme la fois nationaliste et libral. Sur le plan conomique, il compte venir bout de la dflation en inondant l'conomie de liquidits et relancer les travaux d'infrastructures; sur le plan institutionnel, il compte supprimer l'article pacifiste de la Constitution et rduire les droits individuels qu'elle garantit; sur le plan diplomatique, il promet d'adopter la plus grande fermet face la Chine. Enfin, il est le leader politique le plus favorable l'nergie nuclaire.

Mais ces lections ne sont sans doute qu'une premire tape. Des lections snatoriales doivent avoir lieu en juillet prochain, qui confirmeront, ou infirmeront, la majorit actuelle. La dure de vie des leaders japonais (sept premiers ministres en six ans!) est si courte que Shinzo Abe ne prendra sans doute pas de risque inutile en tentant d'imposer un agenda idologique que les Japonais placent toujours au second rang, aprs l'conomie.

Si Shinzo Abe s'attaquait immdiatement la Constitution, il irriterait toute une partie de l'opinion publique sans rien y gagner. S'il attend et s'assure une victoire aux snatoriales de juillet, il aura trois annes devant lui pour faire ce qu'il veut. C'est une priode trs longue dans le contexte japonais, explique le politologue Hiroshi Ueki.

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