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07 Août 2007
Mise à jour le 07 Août 2007, 07:14
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Selon les chiffres publiés par l'UE, le tourisme marocain a affiché de très bons résultats au premier semestre, avec plus de 2,26 millions de visiteurs entre janvier et juin 2007, soit une hausse de 7% par rapport à l'année dernière, à la même époque. Ce qui explique pourquoi le pays est déterminé à aller de l'avant dans le projet de construction du tunnel en vue d'améliorer l'accessibilité de ses sites touristiques.
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D'après le ministère du Tourisme, rapporte OBG, les arrivées de touristes européens représentent à ce jour 83% du total en 2007. Les Français sont classés au premier rang avec plus de 873.000 visiteurs enregistrés au premier semestre 2007, soit une progression de 4% par rapport à l'année dernière. Les visiteurs en provenance d'Espagne et de Grande-Bretagne étaient respectivement au nombre de 479.000 et 175.000. Le nombre de touristes anglais a enregistré une progression de 43% suite au développement des compagnies aériennes à bas prix (low cost), à l'instar d'EasyJet et de Ryanair, dont les vols à destination de Marrakech, Casablanca et Rabat facilitent l'accès au pays.

En outre, l'Allemagne, l'Italie et la Belgique constituent des marchés importants avec l'apport d'environ 100.000 visiteurs chacun. Les trois destinations les plus prisées ont aussi enregistré une hausse du nombre de visiteurs ces six derniers mois : 12% pour Marrakech, 9% pour Casablanca et 3% pour la station balnéaire d'Agadir.

Compte tenu de l'importance des touristes européens pour le pays, le gouvernement est fermement résolu à améliorer l'accessibilité du territoire en donnant son feu vert au projet du tunnel. Selon OBG, le tunnel est le fruit d'un partenariat entre deux sociétés publiques, la Société générale d'études du Détroit (SNED) pour le Maroc et Sociedad nacional Española de estudios para la comunicacion fija a traves del estrecho de Gibraltar (SECEG) pour l'Espagne.

La solution adoptée consiste en la réalisation d'une voie ferroviaire à travers le Détroit, accessible aux passagers, aux voitures ainsi qu'au fret. D'une longueur prévue de 39 km et d'une profondeur de 300 m en son point le plus bas, le tunnel reliera la ville de Tarifa à Tanger.
Le projet n'a rien de nouveau. Il fait l'objet d'une réflexion approfondie depuis le début des années 70, mais les différents politiques et financiers ont empêché toute perspective plus concrète. En début d'année, la construction du tunnel a finalement été confiée au bureau d'ingénieurs suisse, Giovanni Lombardi, qui compte à son actif la réalisation du tunnel sous la Manche et celle du tunnel du Gothard situé dans les Alpes suisses.

Il y a quelques mois, des experts externes spécialisés en géologie ont été chargés de réaliser une étude de faisabilité qui devrait être achevée fin 2007. Une démarche qui démontre l'engagement ferme des deux pays à mener à terme ce projet. Le coût du projet est estimé à plus de 13 milliards de dollars et les études techniques préalables évaluent la durée des travaux de construction à environ 20 ans. La SNED et la SECEG prodigueront leurs conseils sur la faisabilité du projet en 2008.

Si le projet est approuvé, la SNED et la SECEG comptent faire appel à l'appui financier de l'Union européenne. Il reste cependant un certain nombre de défis logistiques à relever. Les premières prospections menées il y a 10 ans ont révélé que le sous-sol à proximité de Tarifa n'était pas suffisamment solide pour assurer ce type de structure. Des tests effectués plus récemment ont confirmé ces conclusions et, par conséquent, c'est le Cap Malabata qui a été choisi comme point d'entrée au Maroc. Le tunnel poursuivra sa route vers Tarifa par la suite.

D'autres points d'interrogation subsistent néanmoins, à savoir si le tunnel entraînerait un flux d'immigration clandestine entre l'Afrique et l'Europe et si le fossé économique entre les deux continents empêcherait une circulation équilibrée des biens et de personnes.

Le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a fait part de son soutien à ce projet et a déclaré que le tunnel aurait des «retombées très positives» sur les deux continents en matière de croissance, de développement économique et de bien-être social. Les planificateurs, quant à eux, espèrent que le tunnel servira de levier à «l'intégration d'une union économique euro-méditerranéenne» et permettra de développer, à l'avenir, un réseau de transports entre Marrakech et l'Europe.
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Source : Lematin.

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