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13 Juillet 2007
Mise à jour le 13 Juillet 2007, 08:09
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proposent une feuille de route bien précise pour les décideurs politiques, qui peuvent s'en inspirer dans l'élaboration de la politique énergétique du pays pour les dix prochaines années.

Cette base de travail a été définie à la suite de la première édition du forum de l'association des Centraliens du Maroc, qui s'est déroulée à Casablanca, les 17 et 18 juin, sous le thème «Energie : partenariats régionaux ou investissements transnationaux ?». Elle est composée aussi bien des propositions qui concernent le secteur de l'énergie en général, en termes de libéralisation, renforcement institutionnel et instruments de financement que des recommandations concrètes, par filière. Pour ce dernier point, les auteurs de cette feuille de route se veulent plutôt pragmatiques, en limitant le choix à trois filières : le gaz naturel, les énergies renouvelables et l'énergie
électronucléaire.

Ainsi, les centraliens ont émis cinq propositions globales, visant à «transformer la contrainte en opportunité». Leur première proposition porte sur un mix énergétique cible pour davantage d'indépendance et de compétitivité.

«Il nous paraît important de définir un mix énergétique cible pour donner le maximum de visibilité aux investisseurs, aux opérateurs et aux consommateurs», insistent-ils, en précisant que ce mix devrait assurer à terme une plus grande indépendance énergétique, réduire le coût du Kwh et répondre aux exigences du développement durable. A ce sujet, ils estiment qu'il est fondamental d'accorder une grande importance au gaz, pour en faire la source dominante de production de l'électricité à l'horizon 2025.

A ce sujet, ils avancent trois chiffres clés : environ 50% de capacité d'indépendance énergétique, 40% de capacité d'énergie renouvelable, garante du respect des exigences de développement durable et 34% de capacité d'origine gaz naturel source de partenariats régionaux. Le deuxième point d'appui pour une politique énergétique réussie est, selon les Centraliens, une libéralisation de l'électricité à l'horizon 2013, pour davantage de compétitivité.

Cette option, précisent-ils, nécessite au préalable la mise en place d'un certain nombre de diligences sur la période 2008-2012. Il s'agit notamment de la création d'une autorité de régulation du marché de l'électricité et du gaz, en s'inspirant des expériences réussies dans le monde à ce sujet, la redéfinition du rôle de l'ONE et la séparation des métiers : production, transport, distribution, commercialisation. Au sujet de la régulation du secteur électrique et du gaz, on propose la création d'une agence indépendante pour s'orienter davantage vers la mutation du rôle de l'Etat d'un statut d'opérateur à celui de régulateur.

La base de travail proposée par les Centraliens repose également sur des négociations de partenariats régionaux. Ils ont même avancé des types d'accord et de partenariats qui peuvent être menés dès 2008 avec les pays de la région (voir encadré).

Les auteurs de cette feuille de route ont, en dernier lieu, appelé à développer les instruments de financement régionaux, compte tenu de la taille des investissements à déployer dans le secteur et les capacités intrinsèques des banques marocaines en financements classiques qui demeurent limitées au regard des règles prudentielles bancaires. En effet, font-ils savoir, avec 35 milliards de fonds propres globaux, la capacité d'intervention du système bancaire marocain se limite à 7 milliards pour un même projet, ce qui est largement en deçà des projets moyens dans le secteur énergétique.

Le développement de ces nouveaux instruments de financement passera par plusieurs opérations, estiment-ils. Il s'agit de l'accélération de la réforme de la loi sur la titrisation pour autoriser la titrisation des créances commerciales, la mise en place de fonds d'investissements régionaux dédiés au secteur énergétique associant des institutions financières européennes, maghrébines et du Moyen-Orient.

De même, on devra recourir au développement des mécanismes d'allocation de l'épargne institutionnelle sur des maturités long terme, en autorisant ou en exigeant des compagnies d'assurances et des caisses de retraites d'investir une partie des réserves techniques dans des fonds d'investissement énergétiques. De même, on suggère la création d'une place de marché pour les produits énergétiques et l'électricité de dimension africaine.
Source : Lematin
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