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Bosnie : Un abri antinucléaire de Tito transformé en musée d'art contemporain
L'idée d'installer une biennale d'art contemporain dans un bunker de Tito est absolument exceptionnelle et complètement délirante, s'exclame Pierre Courtin, un artiste et galeriste français, venu vendredi au vernissage de la seconde édition de cette manifestation lancée en 2011.

Ce n'est pas un lieu neutre. Ici, on est complètement à l'opposé du white cube, à savoir d'une neutralité du lieu qui en général va avec les œuvres d'art contemporain. Ce lieu a une telle présence physique que c'est un challenge énorme pour les artistes d'exposer dans un endroit pareil, explique-t-il.

Une trentaine d'artistes de dix-neuf pays - notamment d'Europe, des Etats-Unis mais aussi du Japon et d'Irak -, exposent cette année dans ce gigantesque bunker, jadis ultra-secret, que le président de la Yougoslavie, Josip Broz Tito (1892-1980), avait fait construire près de Konjic, dans le sud de la Bosnie, pour lui servir de commandement en cas d'attaque nucléaire contre sa fédération qui s'est décomposée dans les années 1990.

Des installations rappelant la frayeur d'une attaque atomique à l'époque de la guerre froide, avec un jeu de sons et lumières donnant parfois la chair de poule, des expositions de photos et des projections vidéo ont investi les longs couloirs de cette bâtisse souterraine. Ses nombreuses chambres à coucher et salles de conférence ou de communication ont été transformées en galeries d'art.

Ce bunker avait été construit dans le plus grand secret pendant 26 ans par l'armée yougoslave, de 1953 à 1979, pour un investissement de 4,5 milliards de dollars.

En forme de fer à cheval, il couvre 6.500 m2 et pouvait accueillir 350 personnes.

Nous avons choisi des artistes que nous avons estimé être en mesure de répondre à des défis spécifiques de ce lieu, qui n'est pas une simple galerie et qui nécessite de la patience, de l'ingéniosité et une vision, explique Branko Franceschi, un des organisateurs de l'exposition.

Une fois installées, les oeuvres vont rester en place et composeront une exposition permanente, avec une quarantaine d'autres, déjà installées en 2011. L'ambition des organisateurs est de transformer le bunker en un véritable musée, en lui ajoutant une fois tous les deux ans d'autres œuvres.

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