Contrairement aux appréhensions qui ont accompagné son lancement, le programme des logements à 140.000 DH semble bien séduire.
En effet, pas moins de 67 promoteurs privés sont intéressés par ce
produit. Parmi eux, de grands noms comme Jamaï… qui se sont portés
candidats dans le cadre des appels à manifestation d’intérêt lancés par
groupe Al Omrane, en charge de ce programme.
Véritable retournement de situation, quand on se rappelle qu’il y a
exactement six mois, les promoteurs ne se bousculaient pas pour y
adhérer. Qu’est-ce qui a changé entre-temps pour rendre ce programme
plus attrayant ?
Pour cet analyste, « c’est le retour de la conjoncture qui explique
en grande partie ce revirement ». D’après lui, sans cette pression, les
promoteurs auraient continué de bouder ce produit jugé peu rentable.
Mais, il y a une autre explication, c’est que depuis que le principe
de la péréquation a été accepté, le produit est devenu prisé. C’est ce
que l’on confirme du côté des professionnels de l’immobilier dont
beaucoup liaient leur contribution à l’obtention de la péréquation.
Deux types de conventions
Du côté d’Al Omrane, l’on préfère parler plutôt de mixité sociale.
Ainsi, les promoteurs qui achèteront des terrains auprès du holding
pour réaliser les 500 logements à faible coût obtiendront la même
superficie qu’ils pourront valoriser à leur guise. Sur une superficie
donnée, c’est le modèle « un tiers/un tiers/un tiers » qui sera adopté.
C’est-à-dire que des terrains seront concédés aux privés par
l’aménageur public au prix de revient à condition qu’un tiers soit
consacré au logement à faible coût, un tiers au logement social
(200.000 DH) et l’autre destiné à la classe moyenne. « Dans ces
conditions, le projet devient plus attrayant et l’opérateur pourra
équilibrer ses comptes », estime Youssef Ibn Mansour, président de la
Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI).
Ce programme, d’un investissement global de 15,5 milliards de
dirhams, vise la construction d’environ 130.000 unités de logement à
faible coût. Totalement exonéré d’impôts, il devra être réalisé à
hauteur de 65% par les sociétés filiales du holding d’aménagement Al
Omrane sur les quatre années à venir. Le reste sera exécuté par des
promoteurs immobiliers privés dans le cadre d’un partenariat avec les
filiales régionales du holding.
Concrètement, deux types de conventions sont prévus avec le privé,
est-il précisé auprès du holding. Il s’agit d’une convention-cadre avec
le promoteur qui s’engage sur le programme global à réaliser. D’autres
conventions spécifiques seront signées avec les filiales de l’aménageur
sur les projets à effectuer sur telle ou telle localité et sur le
nombre d’unités prévues. Pour 2009, l’on prévoit l’ouverture de
chantiers portant sur plus de 35.000 logements de faible coût.
En attendant, ce sont 22.500 logements qui ont été mis en chantier
au terme de 2008 : 9.600 par Al Omrane et 12.900 par le privé. Du côté
du holding d’aménagement, l’on promet les premières livraisons pour
2009. Pour cette phase, c’est le foncier dont dispose le holding et ses
filiales qui est utilisé. En effet, la convention sur le foncier (les
3700 ha) avec la direction des domaines attend toujours d’être signée.
« Elle est pratiquement finalisée », est-il affirmé du côté du holding.
Elle devait être déjà signée en décembre 2008. Pour l’heure, aucune
autre date n’est encore fixée.