Le Conseil de la ville et l'équipement en désaccord sur l'installation des ralentisseurs
CourrierCasablanca.com | 24-07-2007
Alors
que des voix s'élèvent à Casablanca pour dénoncer l'installation
anarchique des dos d'âne, y compris celle de Karim Ghellab, ministre de
l'Equipement et du Transport, qui l'a déclarée illégale, Mohamed Sajid,
président du Conseil de la ville la défend bec et ongles.
Pour lui, les ralentisseurs sont la meilleure réponse aux problèmes des
excès de vitesse dans le périmètre urbain.
«Nous
ne disposons jusqu'à présent d'aucun moyen pour contraindre les
automobilistes à rouler doucement en périmètre urbain. La seule
solution dont nous disposons pour les dissuader est l'installation des
ralentisseurs. Nous avons un problème du respect du code de la route.
En dépit de l'installation des panneaux indiquant que la vitesse ne
doit pas excéder par exemple 40 à l'heure, certains automobilistes
mettent souvent le turbo en périmètre urbain mettant en danger la vie
d'autrui.
Il a fallu donc mettre fin à ce genre de comportement
incivique. Et la seule solution dont nous disposons jusqu'à présent est
"les gendarmes couchés" », nous a-t-il indiqué.
Il semble donc que
les critiques proférées par-ci, par-là à l'encontre de la ville de
Casablanca et de sa politique de ralentisseurs n'a pas dissuadé M.
Sajid.
Ce dernier se targue même des résultats obtenus suite à
cette politique. «Le nombre d'accidents enregistrés en ville a tendance
à baisser depuis que les ralentisseurs sont mis en place. Les
automobilistes sont plus vigilants à l'approche des écoles, des
hôpitaux ou des établissements à caractère social. Ce changement
d'attitude est pour nous une source de fierté», a-t-il précisé.
Et d'ajouter que la décision de les installer n'a pas été prise de
manière unilatérale mais suite aux demandes des services de la sûreté
nationale et des citoyens après l'échec des mesures de sensibilisation
pour faire respecter le code de la route. «Tous les ralentisseurs que
nous avons implantés répondent aux normes en vigueur au niveau
international. Je ne comprends pas donc toute cette polémique autour de
ce sujet», a-t-il précisé.
Et de citer l'exemple du boulevard
Kennedy qui a été un lieu privilégié de course de motos de voitures
toutes les nuits. «Des jeunes organisaient, chaque nuit, des courses
sur le boulevard empêchant par la même occasion les riverains de dormir.
Nous avons implanté des panneaux interdisant les courses, mais cela ne les a pas empêchés de continuer leur manège.
Ces courses duraient jusqu'à 5 heures du matin sous les yeux de
riverains impuissants. Le jour où on a installé les dos d'âne, le
problème est résolu et le calme est revenu au quartier, a-t-il martelé.
L'avis de Sajid contraste avec celui des automobilistes casablancais qui y voient la source mêsme de nuisance.
Il faut dire que leur profusion sans étude préalable et sans
signalisation nuit d'avantage aux usagers de la route. «Certes, le code
d'usage permet leur installation au niveau de certains passages
protégés pour piétons, à la rentrée des établissements scolaires et à
l'approche des feux de croisement si l'axe routier est trop long, mais
quand c'est trop est mal étudié on arrive aux résultats contraire»,
indique un automobiliste.
Un avis partagé par la
quasi-totalité des automobilistes. «Conduire est devenu un cauchemar
pour moi à cause des ralentisseurs. Je m'arrête complètement à
l'approche de chaque obstacle pour en plus le prendre de travers.
Si on dépasse 20 km/h, on risque de frotter le pare-chocs ou le châssis», souligne avec colère un chauffeur de taxi.
Selon un ingénieur communal, Il n'y a pas de solutions parfaites pour réduire la vitesse par l'infrastructure, car tous les
dispositifs
visant cela comportent un risque puisqu'ils créent une contrainte par
une modification de la voie qui pourrait s'avérer fatale pour
l'automobiliste.
Le recours quasi systématique aux
ralentisseurs pour limiter la vitesse traduit l'échec des mesures
prises tels que : les panneaux de limitation de vitesse, les feux de
signalisation, les stops…
1.0ralentisseurs implantés
La
ville a implanté plus de 1.000 «gendarmes couchés» principalement à
proximité des établissements scolaires, des hôpitaux, aux abords des
ronds-points et au niveau des points noirs (zones où ont eu lieu
plusieurs accidents).
Ces ralentisseurs sont d'une largeur de 3 à
4 m et d'une épaisseur de 5 cm maximum. Ils prennent la forme ovale ou
d'un arc et traversent la chaussée du trottoir gauche au trottoir droit.
Ils sont d'une couleur ocre et blanche pour offrir plus de visibilité aux automobilistes.
Ils
font désormais partie intégrante de chaque réalisation de voirie. Au
total, 100 ronds-points giratoires seront créés sur l'ensemble des
quartiers de la ville. Le coût d'investissement de chacun varie entre
400.000 et 1 MDH. Plus de 10.000 accidents par an sont enregistrés dans
la région de Casablanca avec plus de 300 tués et 15.000 blessés.