Dar Bouazza : Les constructions poussent comme des champignons
CourrierCasablanca.com | 31-07-2007
La
commune de Dar Bouazza, située à environ 30 km de Casablanca, attise de
plus en plus l'appétit des investisseurs. Des projets immobiliers et
touristiques fleurissent tout au long de la côte.
Au grand soulagement
de la population locale, qui voit dans ces investissements une bouffée
d'oxygène pour toute la région.
Néanmoins, ce développement se fait au détriment du secteur agricole,
qui voit son espace se réduire comme une peau de chagrin.
Selon
une étude réalisée par les étudiants de l'Institut national
d'aménagement et d'urbanisme de Rabat, l'agriculture à Dar Bouazza
connaît des mutations profondes, avec une tendance globale à la
régression.
Cette même étude conclut que la contraction
continue de l'espace agricole se fait sous l'effet de la poussée rapide
de l'urbanisation et d'activités économiques plus rémunératrices.
L'offre d'emploi du secteur agricole entre 1982 et 1994 est passée de
38,8% à 9,5%, soit une baisse de l'ordre de 29,3%. Cette régression
s'explique par la double activité des exploitants agricoles dans cette
zone.
Selon les résultats du recensement agricole de 1996, 521
agriculteurs, soit 28,5% exercent des activités autres que celles liées
au travail de la terre, contre 21,2% à l'échelle nationale et 31,8% au
niveau du périurbain de Casablanca. En revanche, la part de l'industrie
et de la fonction publique en terme d'emploi a connu un accroissement
respectif de 26,7% et de 1,5%. L'activité industrielle a connu une
dynamique de croissance accélérée dans les années 70, notamment à
partir de 1975. Elle s'est poursuivie après l'adoption du schéma
directeur de Casablanca et du plan d'aménagement de la commune, qui a
retenu la création de nouvelles zones industrielles et l'extension de
celles déjà existantes.
La commune dispose de trois sites
industriels qui sont plus au moins distants géographiquement. Il s'agit
de la zone industrielle (ZI), située au croisement des RP 3001 et 3014
(route de Moulay Thami). Cette zone est réputée de 2e catégorie. Elle
est réalisée dans le cadre d'un partenariat entre la commune et le
Fonds Hassan II pour le développement économique et social.
Elle couvre une superficie de 106.090 m_. Elle se compose de 126 lots,
dont trois réservés aux équipements d'accompagnement. Le coût réel de
la réalisation du projet a atteint 33.268.389 DH, dont 5.304.500 pour
l'acquisition et l'immatriculation du terrain.
La seconde zone se
nomme Ben Abid. Elle est réputée être le fief de l'industrie
extractive. Elle jouxte la frontière avec la province de Settat. Elle
abrite l'une des plus grandes et anciennes carrières et constitue la
plus importante source d'emploi pour une large frange de la population
de la région.
Elle s'étend sur une superficie de 32 ha environ, dont 5 ha occupés par l'industrie.
En
dernier lieu, la zone du centre, chef-lieu de la commune. Elle s'étend
sur une superficie de 18 ha, dont 4.5 ha seulement (soit 25%), occupés
par l'industrie.
Celle-ci est dominée par le secteur du bâtiment et des travaux publics.
Vient
en suite les secteurs du textile et du cuir, de la chimie et de la
para-chimie et enfin, celui de l'industrie agroalimentaire et de la
mécanique et métallurgie. Ce tissu industriel est prédominé par les
petites structures. Le secteur qui emploie le plus de main-d'œuvre est
celui du textile et du cuir, suivi du secteur du bâtiment. L'enquête a
également révélé que 80% des entreprises appartiennent à des Marocains
contre 7% seulement à des étrangers.
Le reste, soit 11% sont
des sociétés à capitaux mixtes. L'implantation progressive des unités
industrielles dans cette partie s'explique par la situation
géographique de la commune, située au sud-ouest de la wilaya du Grand
Casablanca, dont elle constitue le prolongement naturel le long du
littoral vers Azemmour.
Cette proximité est apparemment l'un
des facteurs attractifs pour les investissements. Côté instruction,
l'enquête révèle que 37,3% sont analphabètes. Ce taux s'élève à 64,3%
en comptabilisant les personnes qui ont juste fréquenté l'école
coranique et primaire et qui dans leur quasi- globalité sont plus ou
moins illettrés. Il est à signaler, que sur le plan administratif, Dar
Bouazza est une commune rurale.
Néanmoins, son territoire
comporte trois noyaux «urbains», qui comptent actuellement 19.641
habitants et occupent 32,94 % de la population de la commune.
Elle
accapare à elle seule 24,3 % de la superficie agricole utile et 21,2 %
des superficies irriguées dans la couronne rurale de Casablanca.
Elle
constitue ainsi la principale assise foncière de l'espace agricole
casablancais en dépit des brèches ouvertes par l'urbanisation dans ses
différentes parties. Le territoire de la commune est formé de plaines
et de petites collines, dont l'altitude ne dépasse pas 150 m, et ne
présente pas de contraintes majeures, aussi bien pour la mise en valeur
agricole que pour la planification spatiale et le développement de la
commune.